JOURNAL D'ÉMOIS

mardi 29 juillet 2008

page d'adieu





Alors, treize ans plus tard, je vais te dire adieu.

Demain, bien après l’aube, tu pars en Gaspésie. Terre de mes moult exils. Tu vas aller au bout de mon monde, à l’Est, tout droit jusqu’à la musique de l’accent marin. C’est beau. Il y fait un vent à décorner les pages. Tu verras, cher Schlink, c’est là que la mer marie les montagnes. Entre sel et sève tu pourras t’ouvrir en deux et faire semblant que tu es un oiseau. On te prendra, je l’espère, dehors sous ce vent fougue, à une puis à deux mains. Tu coucheras peut-être sur le ventre de quelqu’un avant qu’il ne pleuve et qu’on t’offre une table de nuit où te poser. On essayera de respirer le parfum de ton encre, les effluves que le temps a inventé pour toi ici. Souvent tu auras chaud et froid dans la même journée. Le soleil du bout de la péninsule n’est pas une lampe de chevet, il prête seulement sa lumière pendant que le soir se détend.

En août, tu verras l’automne vouloir naître sur un été qui n’a pas dit son dernier mot. De grosses lunes orangées. Du silence. Des paroles qui puisent et qui pansent. Du sable libre, des horloges sans tic tac, du temps qui reste sur place. Puis, tu compteras d’autres hivers.


Encore une fois faudra que tu racontes ton histoire. Mais ça te plaira. T’inquiète.

8 commentaires:

Zee DeVoSS a dit…

Bonjour Louve, je suis arrivé - revenu plutôt - exactement au bon moment! Ravi de te retrouver, Mademoiselle.

Nina louVe a dit…

Zee devoss: c'est curieux l'instinct... il nous fait partir et revenir chaque fois aux bons moments. RaVie de même, demoiseau.

Tristan Rêveur a dit…

Ha! Enfin!

Nina louVe a dit…

Tristan rêveur: Quoi... t'as déjà lu toutes les archives (smilz)

le rimailleur a dit…

Figure-toi que lorsque j'ai lu le titre de ton article sur mon marque page dynamique, j'ai cru que tu fermais ton blog...content de te relire.

Nina louVe a dit…

Rimailleur: Je me doutais bien que ce titre ferait peut-être sursauter... T'inquiètes, j'ai du mal à pondre des rimes et des fictions, mais pas des sourires.

à plousss !

Jack a dit…

Même réaction pour moi, espèce de rigoletta! Texte de la série Gaspésia qui laisse présager de grands pans de ciel bleu mauve. Gaspésie, tu le sais peut-être, vient du mot micmac Gespeg signifiant la « fin des terres». Heureusement, on voit bien que ce n'est pas la fin de tes terres de mots. Rigolletta!

Nina louVe a dit…

Jack: Tatoukompris, comme dirait SuperK.

Gespeg...La fin des terres et le début du vent. C'est toujours en août que j'y allais. Faudra encore que je ne fasse que la rêver, la belle.