JOURNAL D'ÉMOIS

lundi 3 novembre 2008

Dessein GéÔgraphique

J’ignore le dessein géographique où il va aller vivre. Ne connais pas la chanson, ni les rythmes, ni les odeurs de cuisine de ce pays, vaste et loin. Il ira.  C’est tout ce que maintenant, je sais comprendre.

Oui. Bien sûr. Dure je pourrais maudire le cyan ciel, les milles oiseaux de bonheurs possibles absents. Pourrais maugréer en catimini, avec un de ces faux sourires sur la face, mais nenni, il sait. Ça ce n’est pas moi. Je suis de la même race. Comme ça aussi, libre forte, poussée par le flair, l’instinct, le vivant vivre, l’appétit d’ailleurs et de maintenant. Le seul désir qui me mène, celui du tactile palpable, vrai souvenir, à fabriquer, par moi-même.

J’ignore le dessein géographique où il ira rester longtemps. Ce pays, c’est comme des mathématiques, il est indéchiffrable, je ne sais pas compter les heures qui nous sépareront, les kilomètres où la distance sera plus, plus parce que pas de possible missive, pas de possible lettre, pas de possible voix, pas de possible mot, pas de possible parole, pas de possibles. Pas par pas. Par pas pas. Par pas. Par tout partout. Un pays épelé : Madagascar. Loin. Sans mon visage et ma peau à respirer, sans la sienne à baigner, huiler, humer, prendre. Sans. Sans nous deux je, qui se respectent tant.

Si j’avais vingt ans, je serais usée par la douleur. Mouillée de larmes. Abîmée par le sauvage en moi, qui hurlerait : Pars pas !!!!!

Si j’avais trente ans, je briserais mes côtes à me jeter de la falaise à la grotte, des ressacs à l’amer. 

Je supplierais : Reste !!!!

Mais je te souhaite bon voyage B.A.

Je t’aime vrai.

5 commentaires:

lhiverakhartoum a dit…

Le texte fait déjà voyager de lui-même! Très beau!

Nina louVe a dit…

merci l'automnàkartum

Marie-Hélène a dit…

isole touch touch isole
ne pas sortir du vide demeurer
entre les deux terres
intervies
entrevive
extension du vent vers l'autre bordure
respire encore le temps de rire
du dire
pour une belle route je vous aime beaucoup
MHA

Nina louVe a dit…

Trace, la laisser, la désirer, la ressentir sous ses paumes, ses pas, sous les mots, entre les silence, oui MHA, comme ça.

piotrevski a dit…

"Si j’avais trente ans, je briserais mes côtes à me jeter de la falaise à la grotte, des ressacs à l’amer."