JOURNAL D'ÉMOIS

vendredi 2 janvier 2009

journal d'émois donk...

ok.

ne cherchez pas, 
pas nécessaire

ne verrez ce soir (ou ce matin)

ni photo 
ni preuves de séjour

tout de go' 
en non stop
me lance freelance 
sans contrat 
ni assurance

toute la censure du constat officiel

 est passible d'arriver 

avant l'aube

ici, in-virtuel
avant le jour  J

pas pour JOIE


J
pour joute 
que j...e  tournoie et tutoie..

dites....
combien de kilomètres ça fait de possibles ?
 entre toi, le maintenant
et
encore de la vie, 
en plus, 
plus tard...
combien ça fait ! !!?

Faut compter les mois...
Ce papier du docTeur en juin
+
un 
je n'irai pas...
=
quoi ?

juin passe...
 lent beau et chaud
puis,
 viennent les villes 
où me suis posée 
en décembre, puis en janvier 
 celle-là parisienne sous-terraine, 
ET
cette magnifique belle bruxelloise,
 inoubliable
que je ne rêve que d'habiter, 
humer plus, 
re-connaître encore
à fond
encore 
 vivante plus de saisons
plouus et mieux
ah
Bruxelles l'inoubliable
ses rues 
ses gens
ses livres et odeurs

puis...  à venir en janvier
cette normande 
en zik Chaek
zik belle zik vraie

 ici, maintenant,
où je marche des milles et fais des mètres 
avec sur le dos une maison pleine de sac à choses 

j'ai trop
la tignasse empestée
non-filtrée sous la fumée

 dans ma glotte 
du gaz pétarade 
sur ma langue se sèche 
 un goût de vieux  cendrier

près de mes paupières 
un moine part assisister à la confession de mes voeux
 et va  déchanter des psaumes horribles
 en faussant sans le poids de sa soutane noire
sous l'orgue,
 des barbaries

là, moi en fuite
la bouche qui  organise volontaire
des sourires avec mes dents
en évitant l'inconfort des couleurs exposées par la toux
la musique fauve et rude, ce souffrir non-dit, 
pas avoué
couchés, les bobos !!!
tranquilles,
dans un mouchoir de coton odeur lavande 

la main sur la poitrine
tousser ! 
avoir si mal, 
si chaud 
que mauvaise humeur de coeur fait
chamade étranglantante...

mais

se taire 
pour ne pas déranger

ne point déchirer le silence
la nuit comme le matin
tousser,  
avec  la mâchoire serrée
 comme serré est l'horizon

 sous ce mistral si fort, que je vole des minutes à mi-dit
 que l'étau 
est une figure de styliste du cuir ou du bois ou du cuivre.

 tousser tant, 
que le vent qui entre en crise
fait  voler ma crinière aubergine

 comme un hélicoptère qui patrouille
ou une samarre qui cherche le sol en plein ciel au printemps


peu compter
peu calculer les minutes
peux importer les restes du siècle 
dans une case souvenirs.

peu répondre
pas rétorquer

tousser!
 noir
 mauve
 bleu
matin comme nuit
sans cesser le temporama
la quinte
la cadence
 font bobo 

telleTant

à m'en déchirer les tympans
à en devenir sourde sous les graves
à en oublier les cancéreux 
qui m'avaient offert
leur dernier souffle sous la tente à tubes d'oxygène
avec leur petits visages de mirages terminés

tousser, 
pliée par la douleur
à me péter la jugulaire sous le majeur
à faire du feu dans le cortex, 
à ridiculiser d'un jet de laid en petit crachat
 l'innocence douce de l'enfance, ce rêve qu'on ne meurt pas nous

le mari possible entend, 
les amis  attendent, 
le jardin sous l'hiver fait du gel et du verglas
 
cracher et tousser !
 à faire des flammes horribles 
près du moteur coeur

Une cigarette avec un crayon de bois
 est un jeu de joies.

Si je te quitte 
Sale poisonnante !
M'écriras-tu ma laide ?

Depuis juin donc, 
dans le  bac  -à faire-
 je tire plouss loin
et traîne ailleurs dans le tard  temps
un papier signé GO ! ça urge : un ordre général
un ultimatum 

ouf
du sérieux pas rassurant mais imPorTant
disaient-ils déjà... 
les médockants 
ces gantés de latex armés de stétoscopes
 sousbattant ma chamade toute affollée du froid sec 
de leurs regards  au diagnostik pas gentil

juin...
on me le proposait donc à l'été naissant
d'aller prendre le temps
de faire
 une tite photo de mes poumons...
 ra-di-ô Gaga !

le droit m'a dit : no ! out of question, no paparazzi !
le gauche se défila, tignasse à l'air libre
  bien confortable et rêveur
avec une arme dans la gueule de soi
et un idéal très assuré
la binette fière, 
noble sans nom,
 la face curieuse, 
les regards en faim
le visage pas nauffrage 
du genre
qui ne va pas crever
qui ne va pas mourir, nenni, ô que non
de ça : de la patante noircie qui fabrique des respires compulsifs

suis donc partie en Europe
sans faire la photo-graphie
sinon...
adieu Avignon
on m'aurait, direct là,
couchée sur les draps froids de l'hosto
vêtue d'une jaquette bleue qui dévoile le derrière
 pour le regard des mourrants en attente de morphine
voyeusée forcée
dans les couloirs d'un hopital  tiermondiste

parenthèses !!!!!!!!! 

pourquoi la peur ? 
pourquoi j'ai refusé de me faire soigner les poumons  ?

mais voilà : haut et fort

(che-nous, au Québec
aller là,
 se faire soigner à l'hopital,
 c'est une garantie de risques
une assurance de boucherie,
 d'infernale attente sans suivi
du mensonge marié, épousé à la bureaucratie 
qui batifIoLLe avec ta vie !

 Québec soins = des docs surmenés
des infirmières , une par une en burn-out
des faux diagnostiks
du masacre d'espoir , du carnage 
digne des pays tiermondistes !!!!

c'est crever  sans boudoir
nu sous une jaquette ouverte sur ton cul
c'est attendre, attendre, sans possibles rendez-vous
des mois, des ans parfois je n'exagère

là....  
dans les coulisse de la carte soleil
avec des mesonges plein bides écoeurés 
de ces pousses- civières-bureaucratie mal-gérée

être malade au Québec =
patienter des horreurs d'heures
 ( huit minimum, et plus c'est noRRRmal)
attendre, souffrants
dans d'infernals couloirs blancs jaunes gris ou bleus sales

pleins, bondés, remplis, 
remplis ! de malades saignants microbulants
et manquer de bouffe pour suffire à espérer survivre)



en deux
 parties de non
veux
peux plus

 j'allume 
puis agonise
avec du feu de poche
et 2000 quelques produits inventés 
qu'on fabrique pour aller aimer encore meilleurement 
et fatalement
sans craindre ni cesser de mettre dans les lèvres
l'objet 
la cigarette
puis inhaler la fumée enpaquetée en boîte de 25 cancérettes

j'ai toussé depuis des mois
de ce juin oui
 et puis encore plus, 
les  autres pluies et vents venus ensuite 
à m'en fêler une côte'
 à m'en déchirer l'intérieur

ça hurle !
ma bouche avance vers le filtre blanc
comme une automate sans coeur 
qui ne veut que le baiser de la flamme et l'odeur
 et le nom dans la boîte cartonnée

mon coeur pompe Pompéi 
mes bronches se révulsent 
comme avant la fin d'un exorcisme

ça dit :
 assez ! plus capable de ce coupable re-re-geste oultra-mécaniques

ça riposte 
et bis bip boung
et répète
en duo, en tant tout trop
encore
 et assez

mais je fume

en crachant bave et sang
dès la première taf, poff ou touche 

ça suffoque et brûle,
 du vert, 
du sépia,
 du glaire odeur transparent
et l'ocre couleur, 
mêlée à du noir-rouge dans les mouchoirs
m'avise.

journal d'émois disions-nous...

Suis en plein sevrage

j' fume en coupable plus capable

et tousse 

à m'en blesser l'émerveillement







4 commentaires:

Jack a dit…

Solution. Résolution. Dis-toi que je n'ai aucun conseil à te donner. Mais si tu aggraves davantage ton cas (décrit de main de poétesse), tu peux être certaine que tu seras très bien soignée au Québec... Car les cas lourds, critiques, urgents au sens de vie ou de mort, je viens de la constater à nouveau avec un membre de ma belle-famille, ces cas-là sont remarquablement bien traités ici. Souhaites-tu entrer dans la ronde avec une belle petite jaquette bleue et très peu d'espace pour écrire? Vises-tu une courte mèche dans le souffle de la louVe pour ton show ? Alors, sérieux, fais comme ces louves qui nous actent des grossesses nerveuses! Fais-toi en accroire. Ne bouge pas. Laisse la subtile droille sous-cutane faire son œuvre de boucane. Sinon, achète-toi une poche de carottes pour la vitamine « A ». Pas de viande rouge. Pas de sucre. Décide-le dans ta tête. Je t'aime.

Plaiethore a dit…

C'est étrange, mais non, je ressentirais presque de la même manière l'incarcération moribonde de l'hôpital...

Claquez cette toux Belle Louve, mordez dans ce qu'il faut qu'il se doit qu'il se peut se faire ! Avignon... j'en veux moi...

Nina louVe a dit…

t'inquiètes, je cesse cette manie tuante
c'est dur, j'en arrache
et ce qui me fais le plus peur
c'est ne plus écrire
car clop et clavier s'amusent tant ensemble

j'irai pour les photos
mais c'est pas au Québec que je me ferai soigner
s'il y a lieu, pas question.

je n'ai pas les contacts d'un premier ministre,

suis juste une de celles
qui offre presque tout son salaire en impôts
pour des soins
qui ne viennent pas
avant des heures et des jours
dans des couloirs à attendre
attendre
avec un numéro dans la main refermée

piotrevski a dit…

<3