louvainlaneuve

JOURNAL D'ÉMOIS

vendredi 25 avril 2008

Un jeu de marelle sur le perron

photo par L'Arteur Sylvain Gougeon



-Oui, non, peut-être.
Me voilà qui réponds bien tardivement aux derniers commentaires. Des plans pour qu'on pense que la louVe est une ourse finalement (sourire). Bon, mea culpa por favor, chers passagers.

Vous n'avez pas idée de ce que représente l'analyse complète de sa trentaine, de sa vingtaine et des poussières de souvenirs fabriqués juste avant la première décennie. Je dis ça pour rigoler. Je me suis contentée de bilantiser les 5 dernières années. Des excuses, des excuses, direz-vous ! Bin oui, vaut mieux celles-ci qu'une série de lettres mortes, non ? M'enfin. C’est vous qui avez le dernier mot, à gauche dans le libellé de votre choix.

Inutile de faire des promesses sans prouesses. Ni terrible adieu ni de jovial retour. LouVe dort au gaz comme on dit. Pas l’ombre d’une rime sur la ride d’un papier. Du haut de sa troisième phalange, un muscle adroit veut du désir. Il attend. Il étire le temps. Il déchire le silence, fait tourner le crayon comme une hélice. Même mordillé, le stylo répond : plus tard chérie, j’ai du mal avec l’en-tête. Pendant que le soleil s’enfonce dans le sol et mange la fin de l’hiver tout entier, un escadron de maringouins macère dans l’eau stagnante d’une écuelle, prêt à attaquer de jolies veines gorgées de sang chaud. De l’encre séchée sur le pouce, de la craie pour dessiner un jeu de marelle sur le perron, voilà tout le menu du jour.

mercredi 2 avril 2008

Dédié à Fishturn







Final Cut… un titre qui sonne comme une porte qui claque, comme une fin de faim. L’auteur explose par le cortex ses milles miettes de voeux. Avec un malicieux noir espoir, il joue à tirer les cheveux des muses. Quand je le lis, j’entend : ailleurs maintenant, jamais parfois. Sa mort vivante me révolte et m’amuse.

Lui qui s’expose la Dernière Fois; chaque froid il brûle, encore…Pour Ils et Elles impossibles réels, Ils et Elles… magnifiques pixels, déroutés autant qu’affamés, gourmands de ses mots.

Il écrit avec de l’encre sur les canines, pour étouffer demain trop plein d’hiers. Il me tourmente. Me fascine. Prolonge mon prologue. Met du mirage dans mes alinéas. Déchire mes virgules. Abrège mes suspensions avec ses points serrés entre deux marges. Écriture de révolte non résignée, acide, amère, salée.

Sa constante FIN… un mensonge attirant. Il exècre la souffrance, pas la vie. Quand ses doigts s’imposent sur le papier; des lettres de fumée dessinent de petits virages vers sa tempe. Comme un jeu de cachette à la ruse tournée vers lui-même. Des maux privés de censure, qui s’entendent entre eux en prenant place sur l’écran, sans se disputer. Pas de rime. Pas de frime. Pas par pas : la sortie finale se répète, le chemin est comme une courbe plantureuse où l’on glisse vers le repère.

Final Cut… un texte qui aura fait bang dans ma tête. Bang ! Bien, oui, bien avant la neige et ce sempiternel blanc posé sur ma route. Avant d’hiberner sans plan d’éveil. Des mots cousus par sutures, vit /mord, ouïe/nom.

Prénom de l’auteur : Fishturn. Poisson qui tourne. Rebaptisé par la chose (moi) : male mirmade, male poisson/passion. L’homme au doigt sur la gâchette. Roulette rouge, ruse fine, milles syllabes à manger avant qu’il fasse noir.

vendredi 7 mars 2008

dé-boucle-dort

J’ai répondu : Nan, j’peux pas, j’ai la langue prise sous la neige. Elles m’ont traitée de feignasse. Pfff! Ok. C’est pas grave, j’ignore ce que ça veut dire et ce n’est pas dans mon dictionnaire. (Paraît que ça veut dire paresseuse, tsss…tu parles! Mélasse je connais. Vinasse aussi.

Zzz. Ché pas… j’ai dû faire une indigestion de flocons. Quoi ?! Z’avez pas vu au p’tit nord de la Grande Amérique, y’a des pieds et des mètres jusqu’aux toits, j’vous dit ! Pour moi, faut croire que les deux Marie se prennent pour dé-boucle-dort. On n’leur a pas dit que l’ombre d’une louVe se cache dans une grande ourse cet hiver !? Le silence est dedans/dehors, puisque la parole n’a pas d’agent. Bin oui, voilà, depuis novembre, je fais une expérience extraordinaire : j’hiberne pour la dernière fois. Alors, forcément, ça exige une certaine désorganisation, une perte d’appétit, de la lenteur, une improvisation fort complexe. Il faut : ratisser les ratés, prévoir l’accumulation de bilans, fabriquer quelques frissons à la vapeur, traquer les données par comptes routes, et parfois, oui, par froid, en perte de foi, faire des pirouettes affalée sur une bonne braise d’amnésies.

Elles comprennent pas. Sont en Europe dans la France. Alors elles titillent, elles se questionnent, elles veulent des mots, des phrases. Elles s’inquiètent, ça les démange, elles demandent. Elles disent : parle. Elles disent : jase. Elles disent : où t’es, tu t’hais, tu tais ?

Voilà ti pâs qu’on m’invite aux aveux. Que mes aïeux ne brassent pas de poussière dans leurs urnes, je ne dirai pas ceci, cela, ni ÇA. Promis. Jury caché. Le vieux voisin aux longues mains peut encore poursuivre les petits anges des campagnes, faire tits galops et grands soupires sous sourires ; Dieu ne pardonne pas les péchés inavoués. Que mes aïeux m’excusent, j’ai oublié la recette de cette crème brûlée, ailleurs… sur un comptoir zinc.

Taguée la louVe. Bang! Comme ça. En pleine expérience de léthargie volontaire. Au beau milieu de sa fantastique hivernitude. Faut le faire. Z’ont du culot les deux Marie.

Aveux suggérés : 5 choses psycho-toniques, 5 secrets simili cuirassés, 5 fois dire sur moi les émois. Que les triple w hennissent, c’est sous l’anonymat d’un avatar et d’un pseudo que la wolfette doit faire des ouf et des stépettes (voir dictionnaire des expressions québécoises)… Go! Vlan. Voilà : Je ne sais pas compter (ça en fait 2/5).

Je suis bonne joueuse. Et de 5 (je répète, je sais pas compter. je passe donc le 3 car il a deux gros ventres et n'a pas de colone et... le 4 aussi tiens, car il me mélange en proposant et la verticale et l'horizontale ), 5 ièmement donc : vous donne mon pied à plat sur un papier, avec la griffe du docteur sorti par temps de tempête pour la cause. Remarquez qu’il n’y a pas de prénom pour la née neuve. Pas de nom propre. Fallait déjà trouver une maison et une maman. Pas évident du ventre de l’incubateur. Je plaisante, m’en souviens pas. Tant mieux.

samedi 16 février 2008

(remix) Amante Religieuse


Quand j'étais étudiante sans le sou, on se prenait tous les jours. On se donnait n'importe où. Bang bang ! N'importe quand. Peu importe le peu de temps qu'on avait devant nous. Comme ça, sans compter les heures, sans penser à manger, sans se lasser. Sans avoir mal de regarder les autres s'embrasser. Si j'avais saisis tout l’éphémère sous tes promesses…

On s'est quitté en plein bonheur ! Pas d’orage. Juste... de beaux volcans. Quelques marées montantes. Oui, quelques marées qui descendaient. Une bulle. Une toute petite bulle... Confortable et bien à nous. Est-ce fou de croire ton retour possible ?

Et si cette fois-ci, c'était pour la vie entière que tu t’exilais ? (Je te savais capable de partir, comme ça, de temps à autres). Me voilà qui compte les mois ! Chaque minute de ton silence… comme une morsure dans ma tête.

J’ai la langue asséchée. Les verbes me manquent. Ma grammaire s'efface. J'oublie.

Peut-être m'as-tu quitté pour qu'en plongeant dans le néant j'y trouve quelque chose. Mais quoi ?! Qu'y a-t-il de suave à l’espoir sans faim ?

Sans toi, je n'ai pas d'appétit pour l'amour. Grève d'extase, absence de surprise. Pas de figure que je trouve belle. Pas de style à reluquer. Pas de quoi me mettre à nu. Je suis comme une fleur qui garde pour elle toutes ses odeurs. Comme un arbre qui n'a pas de sève, ne porte aucun fruit. Je suis une enfant orpheline d’imagination. Un chien triste, la langue perdue dans la neige.

Comment pourrais-je passer à un autre rêve ? On ne m'a pas montré à t'aimer, je t'ai trouvé. Avec toi je me tiens droite. Mes yeux brillent, mes mains s'agitent. J'ai l'albédo de la lune sur le coeur ! Rien de moins. Toi/moi : Puissant sans être sauvage. Doux sans être calme.

Comment puis-je te retrouver ? Où t’attendre ?

Hum! Je t’appelle toi comme si tu étais quelqu'un. Te décris comme un amour qui m'a largué. Comme la pire des peines d'aimer. Mais j'ai raison! Je peux. Oui. Je peux décrire ton absence comme mon plus grand chagrin.

Tsss!!! ... me souviens avoir nié ton existence. Avoir écrit et même dit devant toute une assemblée que toi: l'inspiration n'existait pas.

Tu dois bien rire de me voir implorer Dieu Déesses et Muses! Tu dois bien rire !

Pardonnes-moi. Je ne savais pas. Il me fallait nos rencontres dégressives pour saisir.

C'est peut-être pour ça que tu m'as quitté ? Pour que je finisse par offrir à d'autres, tout ce que j'ai déjà couché sur papier. Pour que je peaufine, que j’aboutisse.

Si j'ai compris… me reviendras-tu?

mercredi 13 février 2008

En espérant la réveiller...

Nina silencieuse
Tempête dans sa têt(u)e
Calme et volupté

dimanche 3 février 2008

Détour

détour vers une touchante dédicace...

mercredi 30 janvier 2008

La mort au rut





L’amor versus la fin

La mort au rut
S’avale par les grandes lèvres
Ouvre la bouche, ferme les yeux, retiens ton souffle, dit-il
J’apporte la dose mortelle : de petits mensonges camouflés,
Tout droit sortis d’une tache de mirage, restes d’un festif soleil d’été.

Lentement…le poison s’installe dans l’iris,

puis dans les pupilles se dilate, s’éparpille

Des tas de niet font les braves en jouant du gong sous la poitrine
Seul à seul, sève et suc cherchent le plexus, trouvent la plèvre.

En primeur ce soir, quatre canines offrent un spectacle continu
Alors que deux mots tendres restent plantés le long de la langue…

Derrière la denture l’espoir se couche nu, servile, volage

Lémures et spectres se touchent, s’épousent,

se soulagent, s’exilent, s’affrontent

La faim promettait pourtant la grande histoire de rimes
La chute résiste, dilatoire, elle stagne en gros plan ralenti

samedi 12 janvier 2008

Friser les Racines




Tu sais... que quand
Tu souffles sur la braise
Tu allumes et attises le feu

Alors
Pourquoi
Souffles-tu sur mon cou
Sur mon ventre
Dans mes yeux

Pour taire nos volcans intérieurs
Pour friser nos racines
Pour partir en outre
Hors amer

Je mords tes non-énergies
Dévore tes saboteurs
Par les pieds, par l’entête
Jusqu’à défriper les échines
Jusqu’à l’où est-ce
Parce ce que
tant de toi
un voeu

In petto
Je te souffle des vents discrets
Venus de pays aux mirages improvisés
Volés sur tes lèvres, un vers, un son, une image
Qui courtisent tes inédits fougueux

Tu es milles mots dans ma soif
Moult poésies dans chacune de mes fins
Tu es trois décennies d’histoire
L’avant, l’après et le maintenant
Le parfait parcourt Carpe Diem

samedi 29 décembre 2007

songe et mot

mercredi 19 décembre 2007

La Pomme la Queue et le Pourquoi




Bon. Un trognon de pomme c’est biodégradable. Je me suis dit, pourquoi pas le jeter au chemin ? J’ouvre la porte et vlan ! Dehors le cœur ! Au diable les pépins. Dans la rue la queue. Fini, on n’en parle plus. Ni vu ni connu. Mais non… Sur ma petite rue tranquille oubliée du reste du village, cet après-midi là, à cette heure précise, une femme passait justement devant ma maison. Paf ! Le cœur en pleine face. « Oh ! Madame ! Désolée. Ça va ? Oh ! Je suis vraiment navrée. Excusez-moi. » S’en suit le fou rire général de mes amis témoins de ce curieux petit hasard, qu’une pomme et qu’une femme se rencontrent devant chez moi. La pauvre petite madame était sonnée par la surprise mais pas blessée. Drôle à en générer d’agréables crampes dans le ventre. Une rue où personne ne passe jamais ! Bang ! En un instant, l’impact d’un souvenir qui a mené à un loisir des plus plaisant…

Il m’arrive de toute la manger la pomme. Même si… quand j’étais enfant, mon espèce de taquin de grand-père me racontait qu’il me pousserait un pommier dans le ventre. Je l’ai cru. J’aimais tellement l’idée que je puisse fabriquer un arbre que je faisais exprès d’en avaler le plus souvent possible. Je comptais les jours. « Un vrai pommier ? Dans combien de temps grand-papa ? Est-ce que le pommier a commencé à pousser maintenant ? Est-ce que je dois l’arroser avec un verre d’eau ? » La plaisanterie a bien duré parce que j’y prenais plaisir. C’est lorsque je me suis mise à aimer les pêches qu’on m’a ôté cette légende familiale de la tête. Du pépin au noyau je risquais d’éprouver quelques difficultés à faire passer l’histoire plus loin que la langue.

J’ai tout de même continué à manger tout le fruit, à croquer les pépins et à déchiqueter le cœur sous mes crocs amusés. Sauf la queue ! Ça c’était clair, mes aïeuls me l’avait formellement interdit. Indigeste, poison, niet pas question c’était non. Et même après tous les pourquoi du monde je recevais la même réponse. Chaque fois.

-Pourquoi ?
-Parce que.
-Pourquoi parce que ?
-Parce que.
-Parce que quoi ? Parce que moi je veux savoir parce que quoi ?
-Parce que (!) on ne mange pas la queue. Une queue ça ne se mange pas mon enfant.
Mange ta pomme et tais-toi. Arrête avec tes pourquoi. Non et c’est tout. Voilà.
-Pourquoi c’est tout ?
-Parce que, c’est comme ça. Une queue c’est dur et on ne peut pas la croquer ni l’avaler.

Il faut faire attention aux histoires qu’on met dans la tête des enfants. On ne sait jamais... l’impact qu’auront celles-ci dans leur vie d’adulte. Sauf la queue. Sauf la queue. Devant la queue défendue de ce fruit délicieux est-ce que je ne risquais pas d’enregistrer un interdit ? Danger.

Parce que… mère-grand et compagnie, les aimant beaucoup, je croyais bon de ne pas les décevoir. Puisque tous les pourquoi du monde entier n’avaient en rien changé leur réponse, sage et docile, j’avais inscrit dans mon code d’obéissance Sauf la queue. Ancrée solidement cette phrase-là ferait son petit bonhomme de chemin dans mon esprit.

J’étais tellement dévouée à leur plaire, que je ne me souviens pas d’une seule fois où j’ai osé goûter la queue.

Ah ! Oui… C’est vrai. Zut. Oui. Bon. Je me rappelle maintenant. Elle était gorgée de jus celle-là. Juste à la regarder je le savais. La plus grosse de l’automne. Appétissante. À moi, à moi toute seule. De mes deux mains, je l’avais glissé doucement sur ma cuisse pour qu’elle soit encore plus belle. C’est un rituel que je n’oubliais jamais. Il fallait préparer le fruit. C’est comme ça qu’on m’avait montré. Chaque centimètre avait droit à une attention particulière.

Une fois bien lustré on avait le droit de le manger et de faire tous les mhumm qu’on voulait.

À force de le regarder, de le trouver si joli et de savoir que je le mangerais, l’irrésistible besoin d’ignorer l’interdit me tourmentait. Sauf la queue. Sauf la queue ! Mince ! Pourquoi ? Une grève à l’obéissance se préparait. Doucement j’analysais. J’étudiais la forme que prenait le fruit sous mes yeux à mesure que je le croquais, commençant par la peau. Faisant tourner le délicieux devant ma bouche contente. Pourquoi pas ?

J’avais mangé toute la chair. Ce n’était plus une pomme tendre et juteuse mais un cœur offert que je tenais entre deux petits doigts. Sauf la queue… La lutte entre le oui tout volontaire et le non forcé. Le doute… est-ce que c’est bien, est-ce que c’est si mal ? Après tout, qui va le savoir ? Le questionnement fabriquait la peur de me faire prendre. Mais l'irrésistible appétit en moi disait : Vas-y, tu peux. Prend-la toute ! Mange la queue. Mange-la.

Avec la tentation de n’en faire qu’à ma tête le désir immense avait gagné. Oui. J’ai trahi ma famille. J’ai fermé mes lèvres dessus et l’ai... léché. Oh ! Une demie fois, un instant fugace, un centième de seconde. Ça ne compte pas. Ou… si peu ?

Ce n’était pas un péché finalement. Et puis, personne n’aura su… C’est… mon secret.

Devant la queue défendue de ce fruit délicieux j’ai dit pourquoi pas. Je crois que l’interdit est tombé là. À la seconde où j’ai osé la mettre dans ma bouche. Pour la première fois, je décidais. Je venais de comprendre le pouvoir de choisir. Je réalisais qu’à tous ces ne fais pas si ne fais pas ça qu’à tous ces non et ces parce que sans réponse précise, il fallait que j’invente mon plaisir. Une queue c’est dur et on ne peut pas la croquer ni l’avaler. Pourquoi pas ?