JOURNAL D'ÉMOIS

dimanche 15 janvier 2017

Ici 24/7 365.


Ici 24/7 365.

"On ne sait pas à quel point nos proches seront affectés".

Les suicides et ceux qui continuent à vivre, après.
Noyade. Incendie.
Deux mots synonymes pour ceux qui restent.
././Entrer dans la noyade././, sortir de l'incendie././

Quand j'écrivais il y a quelques jours
 ...qu'il me manquerait des doigts pour compiler...

bin c'é ça kié ça.

J'avais 14 ans le premier suicidé. Overdose préparée.
16 ans, ma sœur d'adoption, elle souffrait de schizophrénie.

En 1996, Sylvain qui était mon meilleur ami de gars,
-à l'époque-
y'était père d'un bel enfant de 4 ans.
rechute de coke, après 8 ans tout clean.

Ma mère, pas réussi
mais des dizaines de tentatives sous regards de muette enfant moi
Elle.
Née dans les années où
après une chute de cheval
(fractures bassin, sacrum, hanche)
on l'aura par la suite sur-sur-médicamentée
pendant des ans, tout l'temps tout l'temps

Les effets secondaires étaient à la maison

Si belle, si brillante, journaliste féministe engagée
traceuse de chemin pour les lesbiennes, les féministes
en bataille contre papa doc duvalisant leur Haïti Chérie
a aimé jasé avec les opprimés
militante des premières heures
modèle pour 3 générations

alors constamment alors
éreintée cobaye par les docteurs de pacotille
et leurs médocs à perdition-répétition

Ensuite, bin criss de tabarnakl il y a eu Dédé.
silence noVembre
Dehors Novembre disait tout haut le tout bas indicible

GRrr
émois kickés out
morte au tambour combat,
l'amour de lire, de dire, de faire
ne voulait plus Rien ouïr
pendant des ans, des ans, des ans
tous jours tous jours

Puis Ève. Ma belle telle qu’Ève, Ève Cournoyer.
c't'inimaginable jachère brusque
m'a avalée dans la vallée mute
 ./ poing barré
point barre ./
me suis oustée dans un trécaré rêche, pas cultivable.

des ans, tous les jours tout l'temps des ans
bang-out
tin toé la celle qui reste, prends ça dans ta pipe
et écume les jours si tu puise si tu dé-puise

6 fois deuillir.
6 fois manger des racines de pissenlits.
6 fois perdre la foi d'la joie.
Avoir la nausée des mots,
terrer la parole, perdre l'émerveillement.

C'est ça l'état de ceux qui restent.
Affectés du crâne au cœur, parfois jusqu'aux pieds.
Brisés bruyamment, à faire des jambes falaises
comme des flaques de glace
sur lesquelles on marche, pas solide.

puis

Après, longtemps après, vient le redoux.

Et encore ça recommence.

La vie est faite de rêche.
Indigestes à l'arrivée,
leurs hara-qui-ri-pu
nous façonnent à devenir Roc,
sur lequel
d'autres restés
pourront venir s'appuyer sur un courage gagné
par la force des proses

Patrice, mon petit-petit cousin a tenté itou
de faire Hara-qui-Rit-pu.
Bin oui, lui aussi,
en apprenant la nouvelle du crabe qui allait dévorer
Yvan
son père
décédé le 31-12-16.
Hier aux funérailles, lui ai dit : j'suis ici 24/7 365.

Noyade. Incendie.
Deux mots synonymes
pour ceux qui restent.

Entrer dans la noyade, sortir de l'incendie.

Avant, pendant que je pansais,
je pensais
qu'il était préférable de cesser d'aimer
net frett sec
fuir m'attacher, out lier d'amitié.

Maintenant presque pansée.
Sur mes gardes sti
J'checke mes réserves de gazE,
et reste attentiVe.

J'me protège des cortèges.
Le faut.
La faux me glace la bouche
jusqu'à la luette

Me protège mais veille et fais la garde,
suis sur la w-ouacth!:-)

 Prenez soin de votre tic-trac, le temps ne recule pas, il passe.

http://fondationdedefortin.com/
http://www.cpsquebec.ca/
http://suicideactionmontreal.org/
http://www.preventionsuicide.be/






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