JOURNAL D'ÉMOIS

lundi 21 novembre 2016

Attouche un soupir


Une bataille fatiguée
Fronce
rides et veines
au bout de son poing délesté

Et cent flammes
Au creux de la paume

Sous froides lueurs
    joual, slang et français
punchent la feuille de temps
pour colorier les absences en rouge et ocre

Dans les dunes elle échappe des guerres
marche au ralentit avalant le sable par la bouche
née pour    traire   taire   faire   plaire
tout s’écarquille et se chamaille
car le chagrin est pénible à ramasser
    à la cuiller trouée

L'âme agitée, la tête cherche à se consoler
des   maux    verves   et compléments
Résilience en résidence
elle appelle la larme
qu'elle vienne lui laver les yeux.

Il y a ici et là qui traîne
un poème en gestation
dont elle ne veut pas s'occuper
un poème effronté,
    même pas encore vrai
Point ferme
nul risque de voir naître un ado insolent

Depuis huit ans assise au trécarré
elle prolonge la jachère,
affairée à se désunir des mots
attouche aujourd'hui le soupir qui soulage

4 commentaires:

Jack a dit...

XXX

Nina louVe a dit...

Salut Jack :-) faut que je dise merci à mes muses.
Suis allée voir le spectacle À la croisée des silences de Chloé Sainte-Marie, accompagnée d'un chœur elle y a interprété Tempus Fugit, une ode latine du poète Jean-Paul Daoust magnifiquement mis en musique par Yves Desrosiers. On s'est tous littéralement soulevés après cette pièce. Quelques jours avant d'écrire Attouche un soupir, l'ai écouté en boucle, me suis laissée apaisée tendrement par la lecture des poètes qu'elle chante dans ce spectacle. Aussi, récemment beaucoup écouté Terre Originelle de Sylvie Paquette qui y interprète des poésies d'Anne Hébert. Ces femmes et poètes sont ceux qui ont attouché ce soupir.

Le livre À la croisée des silences vient avec 2 cd, un beau cadeau que je ne regrette pas de m'être offert avant nôël.

aloredelam.com a dit...

Content de te retrouver en poésie Nina , c'est du fort, du coloré qui vient comme un poing mais doux aussi ! merci de ce partage ! à tout bientot !

Nina louVe a dit...

Aloredelam,

J'ai bien souri en traitant ce poème "d'effronté même pas encore vrai".
Quant à "punchent la feuille de temps" (prononcer ponne-tche) chez vous en France on dit pointer.

merci de ton passage :-)