JOURNAL D'ÉMOIS

dimanche 7 janvier 2007

Cap-aux-Os











mer de mai givrée

... grotte ouverte cachette



Pour les siècles et le reste... en attendant la suite






la cabane
Deux bêtes humaines qui ne comptent pas les leurres et les mystères.
Il crie le vent du large, il vient jusqu’à nos fesses. La porte est ouverte, la voisine la plus près, c’est la mort. Si on tombe on n’est pas cuit. Non. On est crus, sans mensonge, viande molle tombée de la falaise.
Comme d’un rêve où on se casse la tête jusqu’à la Chine.

Il montait l’océan froid. Giclait sur les rocs et ça me faisait trembler d’entendre toute sa force. J’aime le mâle ! J’aime qu’il soit fort et qu’il insiste et qu’il s’en aille. Chaque silence d’une vague s’en allant chercher l’autre, me donne l’élan et je grogne en moi-même tout ce plaisir.

Kchuuuuuchsss ! Kchuuuuuchsss ! Mer de tempête, t’es la plus vraie, la moins banale. Je t’offrirais TOUT mon temps si je n’aimais pas tellement vivre les jambes en l’air, la tête curieuse, la langue qui fouille cultures et pays. Je te la donnerais, à toi bella marea, bahr, mer océan Atlantique ou Pacifique. Mais je reste ! C’est décidé, mains tenantes je veux bien.

Après le rut et tout son fracas joyeux, comme toujours je voulais manger. Faim.
Rien que des caplans séchés et des têtes de morues à bouillir dans la cabane de Joseph-Édouard. J’irais ailleurs. Le menu ne suffisait pas à l’appétit de mes grands vingt ans. Joseph-Édouard fouillant dans ma tête ce silence vorace insistait. M’a retenue en tirant mes petits sous-vêtements ridicules que je tentais d’enfiler le long de mes jambes. Grrr. J’ai faim!! Ceux qui connaisse la p’tite demoiselle savent qu’alors : il faut partir manger. Vite. Y’a un trou qui hurle et un ventre qui ne patiente pas.

Je ne peux pas t’aimer Sÿrenn.

On dirait que je ne trouvais plus ça drôle cette fois. Ce grand sculpteur prenait tout à coup un regard si sérieux.

C’est pas grave que j’ai dit, on fera semblant, comme maintenant août, comme depuis les autres mai.
Non. Écoutes. Ne pars pas. Reste nue, sauvage. Reste là. Couches-toi !
O.K. O.K. ! à tout...

Nous n’avons pas mangé de viande ni de riz. Et, j’ai oublié l’appétit qui me tenaillait les tripes. Sauf oui… quelques poignées de bleuets cueillis près du cap à Gerry Perry au matin. On en avait la langue mauve.

Il commençait à se sentir nerveux, comme si l’automne et sa grosse lune rouge mirobolante nous séparerait à jamais.

Crains pas Édouard, je reviendrai Joseph. Comme depuis trois ans, trois étés.

À suivre… une autre fois

13 commentaires:

Carolinade a dit...

merde! Il me faut encore attendre! Patienter. Mon âme est aussi patiente que ton ventre affamé...
allez... je hurle pour connaître la suite:)

Nina Louve a dit...

C'est la faute à Butineur et à Superk et... la tienne, tu te rappelles ?

Vous me suggériez de ne pas éditer une trop longue histoire, de la poster par bribes.

Delphinium a dit...

Il a l'air tendre quand même ce Edouard, Joseph... malgré sa grande gueule.

Nina Louve a dit...
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Nina Louve a dit...

Delphinium: Tendre...

Dame, je vous suggère d'éviter la suite, sincèrement. Je sais que vous avez l'âme à vif..

Bises et tendresse

Carolinade a dit...

pouahahah tu as tout à fait raison belle Louve. Et tu vois comme ça marche bien... je veux la suite!!!!
continue de nous donner par doses choisies, comme on donne son premier morceau de gateau à un enfant. Pour le rendre accro du sucre mais pas gâté du premier coup:)
bisous

Nina Louve a dit...

Ne serait-ce que pour entendre ton "pouahahah", ça vaut le coup. Faisait longtemps...

Delphinium a dit...

je ne pourrai pas m'empêcher de la lire, vous le savez bien...

LaVoisineDuLab a dit...

Merci Nina pour l'adresse. J'y étais. J'ai écouté.

Belle voix
Juste émoi

Merci encore pour le texte et pour la voix.

Cergie a dit...

La photo du haut me parle d'un monde que je ne connais pas Un peu angoissant
J'ai aimé une nouvelle de Maupassant je crois une nouvelle de la peur qui raconte la folie d'un jeune homme isolé dans un chalet pour l'hivernage
Cette histoire est insidieuse et terrifiante
La peur est engendrée par la solitude
Votre épisode m'y fait penser.

Nina Louve a dit...

à suivre

Hugo a dit...

J'ai connu un homme du nom de Edouard dans ce petit village de Cap-aux-os. C'est lui qui m'a enseigné à lire la mer, c'est lui qui, le jour, criait fort la liberté de son histoire mais depuis peu, c'est lui qui monte la brume sur le dos des montagnes par les soirs humides de l'Est. Il était mon deuxième père comme à bien d'autre j'imagine...

Nina louVe a dit...

Bonjour Hugo: Les pères les pairs, les paires. Tout est nécessaire.