JOURNAL D'ÉMOIS

lundi 22 novembre 2021

cadran surréaliste


 photo Nina louVe

.te prendrais bien quelques minutes de ce cadran surréaliste.

une minute    

          qui née vierge

             ferait tranquille et discrète son entrée

               dans l’temps d’le dire

 

une tournée qui tue l’Avent

des journées complètes

à blézimarder tous les vendredis fous

les vendredis noirs frits

les pré et post niaiseries

de c’te folie dans les magasins

ces marchands de pacotilles qui nous tonitruent leurs pubs

vantant leurs soldes pendant des semaines durant

ils font danser l’anse du panier

 

          .te prendrais encore quelques minutes de ce cadran surréaliste.

un soupir /un jaculatoire/ une pause/ un silence

une minute

qui faite fée, fait fi du farlassement

devient ballerine animée de chorégraphiées cadences


une minute

qui h é s i t e entre en trombe

l'autre qui tombe de l'aiguille des secondes

te prendrais une heure complète qui s'enfonce

dans la chair d’une orange et le plaisir d’un son

un sourire qui dessine un mot tel une étoile

encore deux autres décennies de désirs à lier sur des livres

paumes lovées à inventer des dédicaces

pandiculer dans des draps de tabac

nous témoins de la langueur de lire

dans des effluves de lavande, de sauge de sapin et de cèdres

une année lumineuse de minutes

 qui naît tranquillement muette

puis vire et fait une tournée

qui tue l’amer

une journée qui meurt à l’envers

 

.te prendrais un peu plus ce compte-temps surréaliste.

 

un soupir /un jaculatoire/ une pause/ un silence

et rebelote grand battement, fouetté en attitude

une minute née

qui faite fée fait fi du bruit de la mort

hôte, elle chanceuse danseuse

répète ses sauts de biche

belle ballerine sans tutu

qui n’h é s i t e entre flic-flac et entrechat de quatre

à la fois femme soleil et homme lion

temps de flèche, temps lié, temps levé

pas de deux, grand jeté

des pirouettes et des gargouillades

elle termine avec une sissonne arabesque

ce pied de nez à la faucheuse

 

c’est bien, car ce cadran surréaliste

il prend les muses et les silences

pour des épices et des cadences

on en prendra bien d’autres dimanches

pour écrire une partition de pas de danse

 


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