louVainlaneuVe

JOURNAL D'ÉMOIS

lundi 6 septembre 2021

Sept à Table




Elles étaient sept à table. C’était l’automne et la pluie battait la cadence sur le toit de tôle. Tôle grise et rousse, bosselée, cornée comme un livre refermé sur le liseur. Dehors, concert rural de grillons mâles, en fa majeur ! Opus étrange de brume mouillée. Éclairs en vue. Orchestre, discordant, dissonant. Chœur affolé, criard, plaintif, discontinu. Signé et mis en scène par les geais bleus face aux félins rôdeurs sous les cèdres. Insectes mourants dans la lumière d’une lampe à l’huile. Moustiques, cigales, énormes frelons. Douleur. Piqûre qui perdure. Tonnerre qui jase. Tonnerre qui, brute, interrompt la science du silence. Même les animaux iraient se cacher.

Même le souper de fête se débaptiserait de son titre d’amuseur. Sept femmes, assises debout dansant faisant ces grands gestes de joie.
Armées de fourchettes, dégorgées des devoirs, bien, à l’abri de ce déluge automnal.

À chaque bourrasque, un très vieux chêne racoleur frôlait comme intrus la vitre du salon. Ça les amusait d’imaginer qu’un revenant les espionnait pendant qu’elles découpaient l’animal dans l’assiette. La nuit s’en venait leur dire des secrets catastrophe. L’indicible parlerait. Mais ça, elles ne le savaient pas. Ni déjà ni encore…

Sept belles assises jouant à trinquer.
Brindar ! Şerefe! AUF Ihre Gesundheit!! Santé !

Pourtant, je vous assure, il n’y avait pas plus vrai que leurs sourires.

Qui est le monstre ? L’oubli ou le si lent souvenir

Un simple rendez-vous gastronomique, affectueux, où délices de dire s’emmêlent avec les sucs salés des viandes rôties. Elles saignent encore ! Du vin pour toutes. De l’eau dehors de l’eau dedans. Une pluie, un orage, une montagne sous néon ciel.

Sept femmes armées, aimées, aimantes, jolies mères, ex-filles, là, ensemble, réunies par l’amitié, vivantes et vraies.

À table dit l’hôte ! Passons joyeusement aux aveux. Puisque nous avons mangé toute la viande et les fromages. Qu’il reste le dessert.

Un café, un thé ? Bon. Puisqu’il faut se connaître plus et que les bouches sont pleines. Puisque de ce cas, de ce sujet grave nous n’avons jamais discuté… Toi M, parle la première. Moi ? (silence) Euh… Oui. Quoi !!!! Non. Pas ça. Pas ça pour toi. C’est horrible ! Qui !? Toi… aussi ? Toi ? Toi ? Toi!!?? T..oi ? Une seule, juste –une- de ces femmes à table n’avait jamais été violée par un proche durant son enfance mais toutes savions qu'elle mentait.

mercredi 18 août 2021

Da Capo, Retour sur l’adieu partition

 

Dessin Nina louVe, Mexique janvier 2020


rien qu’un sabotage ambulant

 

 

 

     Ti-Paul, ouais… Comme ça. Fier paon rieur. T’en étais fier de ce surnom mi baby luck. Ti-Paul ! Parce que toi, beauté mâle, bel être humain de falaises invitantes, t’étais né l’année où Forillon, le big ogre parc National bouffeur de petits gens pauvres, se faisait chanter par Paul Piché. Grandement d’ailleurs. Qu’on le rejoue, qu’on lui dise - encore - deux fois merci. On te surnommait Eddy aussi. Bin moi, c’est par ton vrai nom de baptême que je t’appelais. Joseph-Édouard. Même si j’omettais souvent, de faire pis de dire le trait d’union.

 

Présage instinctif peut-être…

Pas d’union, pas de traite, pas de très à tout jamais.

 

Tu sais, j’aurais pu choisir moi-même. La corde ou la balançoire…

Ton Quick ! Quick ! Bien fort. Ou deux, nous, bêtes égarées, touristes de la journée, sans cesse avant derrière, passé présent.  Rétro retours. Stagnants, saignants.

 

Saint-Toc ! J’aurais pu jurer qui y’en aurait pas assez de la vie (!) pour t’inventer dans le reste mon siècle… J’aurais pu, ouais. P’tête bin. Choisir, oui. Ton choix était le mien. Tu m’as dit : J’peux pas t’aimer.

J’ai tout compris. J’suis pas restée. C’est ça aimer rien qu’à moite moitié. Bang et oust !

Modern time……………

 

Partir j’ai dit. Partir jusqu’en Belgique j’ai fait. Des femmes turques avec des couteaux me pourchassant, pis des noirs dont on voit les dents, dont on mange le rythme blues dans les bars louches. Tout, pour laisser le siècle à tes restes Joseph, bel Édouard. Un tatouage vert noir rouge. Une balade jusqu’à l’Afrique. Tout ! Pour me pardonner mon exil, ma fuite, ton abandon, notre contre alto ratée réussite. Les grands débits de bases guitars et les drums en petite vertu. Musique ! Go Bang ! Le compliqué aux oubliettes gaspésiennes. Piège hors ma vue. Danger péril bannir !! Belgique et Afrique m’ont conté la même affaire, en moins bon. Des êtres qui se fouillent et qui se quittent. 

 

Après…? J’suis pas r’venue. J’me souviens plus du tout du tout du tout cé quoi, dire je t’aime. Amnésie. Volontaire. Paf. J’ai arrêté d’chanter. T’auras été la plus belle peine la plus longue. Je… ne comprends pas où je suis partie. Out ! Ni clarinette ni guitz. Pas de salive pour la hanche ni de corne pour mes doigts. Fini. Out tempo. Exil contre péril. Du Nada. Silence, retour fatal à l’agonie du râle caché. Un ROC s’est mis à pousser à la place de mon cœur. Rien que du rêche. Plus d’ardeurs. Fini. F ii n ii comme disait chose. C’est comme ça qu’on omet les traits, qu’on oublie ? YES.

 

Ouais… J’aurais pu… Choisir… Si j’étais assez brave assez cinglée, assez puissante pour t’arracher ton mal de vivre. Moi, oui. Petite femme vie. Ta. Tienne sans à peu près.  J’aurais pu choisir si je possédais et la volonté et la force de t’épauler et t’insuffler ma rage de vivre.

 

Toute la sagesse l’habitait déjà ? Lâche ! Fauve de l’Est. Gaspésien de bonheur ! Je ne savais pas qu’une seule phrase peut pousser à EXIL.

 

C’t’ait complètement fou ton histoire !! Tu me plantais des fleurs sucrées dans le cœur pis après, comme un cerf-volant mangé par revolin brute, te rétractais. Mort debout, les yeux bouffis d’alcool forts tu disais : 

 

J’peux pas t’aimer ma p’tite Sÿrenn, je bois.

 

Ça m’aurait pris la tête à Marivaux pour catcher toute l’ironie. J’étais trop contente d’avoir joui, je planais même sous la menace !!!!

 

 

 

 

IX

 

 Da Capo, Retour sur l’adieu partition

 

 

 

     La FIN, si on la décide, c’est… euh… Ouais, comme pousser une braise rouge du revers de l’ongle… Comme ça. Vite. Pfffff ! Chuuuuuuuut.

Oust ! Picheneauter l’aimer d’aMour VITE et loiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin. La braise brûle encore et, on ne voit plus rien.

 

Tu m’excuseras Joseph, Édouard. Je ne t’ai pas tendu la main pour notre adieu craque cœur. Pas du tout retourné le visage.

Je t’ai baisé le cou de tout mon tendre.

On s’est lovés, centres sur cendres.

 

C’était fin août. Je devais partir de toute façon.

Les promos sons et la grande tournée des p’tits bars en région…

 

Mais… Elle a Virée silence ta p’tite Sÿrenn de joie.

Retour au Mutisme de l’enfance et longs exils d’errance.

 

Ciao la visite !!!!!!

Bye les z’amis, je me donne une claque, je me cogne et sort seule de mon K.O.

 

T’sais ? A capella, je ne pouvais même plus. Plus chanter. Plus rire. Aphonie. Les chansons coincées dans ma glotte. Les tounes pas de note. Aphonie. Errance. Les psys auraient compris, pas les producteurs de fric. M’en ont voulu. Ils m’ont barrée à VIE.

 

Notre dernière FOI. Ouais… Baby luck. Tu as fini par parler… CAYATE je te disais la bouche bée.

Tais-Toi, Joseph, Édouard. Ta Calada !!!

 

Beau triste toi.

Tu m’as jeté tes phrases votives, celles d’un vœu d’adieu soudé.

 

« J’vas t’défoncer le cœur si on trotte ensemble jusqu’à nos vieux jours. Va-t’en ! T’es belle, t’es vie, t’es joie t’es tout c’que j’rêve ma p’tite Sÿrenn. Va-t’en belle bête. Moé, j’bois trop. Donne un gros boum ! Fâ ton ch’min. On va s’écrire des lettres. Pis… Un m’ment donné… on va finir par se r’croiser t’sais. J’t’aime ma p’tite beauté sauvage. Tu l’sais. Quand tu chantes j’entends mes respirs se lever. Ma mort se tuer. J’entends la rage de ton sax et, ça me vire des smiles dans face !! Joue. Lâche pas l’bateau.

Coule pas comme moé. Sauve ta peau. J’te gâcherais l’trip. 

J’vire pas vilain quand chuis soul, j’vire fou !! Va. Va-t-en ! Ouste… »

 

Crissstiovf !!! Eh bin ! Bout di d’bout d’là ! Saint-Toc !!!!! Ça ferme la porte à tous nos LÀ. Crisssti. M’en y’en faire du ouste là. Ké. Ok. Okay.

 

Aporie jouée sur clé perdue dans le sable, sous la mer. Un roc s’est installé à la place de mon cœur. Je sais… Après… j’n’ai plus osé l’abandon total. Je sais. Il y, en, aura, toujours, pour dire, que c’est mal. Pas moi. Pas moi.

 

J’me souviens plus du tout du tout du tout du tout comment dire je t’aime, et surtout (!!!!!) comment LE recevoir. L’amer n'est pas venu envahir, le deuil aura seulement planté la résistance. Jouir, une fois, deux fois, trois fois, puis… changer d’adresse. Filer. Quitter. Laisser le juste bon rester. Pouf ! Plus de trace. Ciao. Silence. Pas de retour sur ce qui naît. OuT ! Porte close sur série rose. J’ai fait ça… Saison après saisons. La vie, le temps. J’me souviens plus du tout du tout du tout comment s’écrit dans le cœur ce sentiment. Et, ça me rassure. Quand je r’garde les couples se crever à p’tits fous, à p’tits mesquins, à coups de p’tits destins mièvres, je bande de bonheur du sola libre moi. 

HÉ ! M’enfin…

 

Je t’aurai aimé le souvenir jusqu’au bout de ta volontaire fatale mort lente. Même ailleurs, de l’Europe, de l’Afrique, de l’Amérique.

Y’avaient nos souvenances de jams de guitz et d’clarinette qui m’ensoleillaient la tête. Je t’ai pondu des millions sourires Baby luck. À toi, Joseph-Édouard, sculpteur de néant brut !

 

Toi perdu dans l’éthylique invasion, moi en montée de bons bonheurs en tristes doux, même loin de tout ton toi, je t’ai tenu un peu la main.

 

 

 

 

X

 

Pour un Siècle et… LES RESTES !

L’impermanence

 

 

 

     Heille S’cuse ! Euh… Dis-moé donc ! Cou donc… Quelqu’un qui s’tue, on appelle ça comment ? Un suicidé. Ah. Bon. K.O.

 ohhhhh. Ké.

 

Puis… Quelqu’un qu’y’est MORT ? Comment !!!!??? Comment on dit ça encore déjà ? Un CADAVRE. Ké. KO. Okay … Ok.

 

Facke cé ça. Ouais. Calvaire ! Maux dits tués à tout jamais. 

Bordel évanoui. Joie finie ? Tout l’temps tout l’temps pour toujours ? Ké. 

 

J’avale. Vous… permettez que j’aille brailler au p’tit coin. Toute seule. Vous permettez que je m’efface de votre vue ? Que je rrrrrrrrAge bin fort ? Moi, j’comprends pas qu’on puisse se tuer. Moi qui l’aime tant tellement la VIE. Moi, je.. je n’ai pas de mots pour c’t’affaire là. Euh… Me semble que j’pourrais faire une crise cardiaque juste ici, tellement mon cœur fait comme un bombe T.N.T de mon torse à ma tête !! 

 

Vous me dites que mon Ti-Paul, c’te fameux Joseph, Édouard il… s’est crevé puis… que c’est tout ? Fini le reste !!??

 

Salaud !! Escogriffe sans pitié ! Vous dites ça comme si vous m’annonciez que la bourse avait crashé ! Qu’un chien bâtard s’était fait frappé par un chauffard ivre ou que… votre belle-sœur était cocue depuis l’début. Rien de grave. Je vous annonce que Joseph-Édouard 

 

Enfin ! Diantre !!!!! Vous m’dites ça comme si j’allais y survivre. Z’êtes pas capable vous de mentir Borrrrrrrrdel !!? Mentez-moi espèce de mou ! Dites-moé que Joseph, y’é mort d’un accident de parcours. Que… 

 

AaaaH ! C’huis pas capable de l’avaler cette vérité-. J’veux pas. OK ! J’veux pas.  Pas. NOOON. Du tout… pas de ce vrai fatal arrêt d’espoir. Qu’il… Joseph, mon bel Édouard tout plein de talent… ait fait l’hara qui rit pu. Non. C’pas pour le vrai. Bon.

 

Quick !!!! Lui, il a pris la corde, moi, la balançoire. Un qui se coince le souffle, qui se tortille dans l’nœud coulant les pattes dans le vide. L’autre, celle qui reste, celle qui bouffe les miettes du passé, moi, qui allume gigote respire aspire et aimmmmme ça vivre. S’Ti. Crissssstiofv ! Bout di d’bout d’là ! Saint-Toc va se r’virer pis descendre de son arbre.

 

Out la VIE ! Mort à dix pouces du plancher le bel Édouard. Joseph…  POR QUÉ ? !

 

Mort d’une continuelle surdose d’alcools forts dix pouces au-dessus du plancher de sa sœur à Trois-Rivières. Vlan. Out. Nada niet néant.

 

Tu venais de quitter la trentaine. Tu trouves pas que c’est trop tôt Baby Luck !?  À peine  quarante ans les pieds sur TERRE. Puis là las, tu nous offres le : J’tanné. Chuis pu capable ! 

 

Tu me fais chhhhi…er. 

J’ten ai voulu longtemps p’tit criss de beau Baby luck !  

Le mot     s u  ii ci  d   e      encore today, j’me sauves quand on en jase.

 

T’as laissé une lettre pour moi qu’y m’ont dit, eux-autres les insensibles.

 

« J’ai fini ta sculpture Sÿrenn. Elle est sur le cap de ta cachette. Pas loin du roc pointu. J’ai sacrifié un  vieil arbre pour la faire ; à même les racines.

Bye.

Adieu ma p’tite Sÿrenn d’amour dans l’sang.

 

Excuse-moé.

 

Joseph-Édouard

 

La sculpture… je l’ai laissée telle quelle. Sur place. Dans son nid d’humus. C’est là que ça va d’après moi des souvenirs de cette espèce-là. Joseph-Édouard…              R.I. P.

 

Moi, j’continue la fête de la VIE !

J’continue tous les jouirs, tous les jours. Ma joie, mon émerveillement, mes longs bonheurs, ma sacrée belle RAGE de VIVRE. J’continue mes élans bruts, mes tristes itou. Moi. J’continue. Baby badz lucks pas digérées. 

 

Ouaiiiis… Parce qu’elllllle me fait trippppper la VIE moi. Elle me fait ÇA


Petit COMA miGnon, post-coït


 Photo Nina louVe, Street Art,  Montréal 2021


IV 

 

Petit COMA miGnon, post-coït

 

 

 

     Ton petit coma mignon provoqué par le bégaiement de nos gestes m’aura permise de filer en frousse. Boom! Une bombe est passée sur tes flancs baby fuck. Love is not a word On-lit. IT’Z A world of fictives real futures memories. AH ! Ouïr. Coïre. Mouïr, âme mmmmour. C’est une féroce qui tire et qui pousse. Et on s’en passerait !? Je coche Oui. Amour toujours, est le crime parfait qui tonitrue le maintenant !

 

Tu dormais Joseph, bel Édouard. Ma salive et nos sucs sur tes lèvres. Vite ! Vive, fuir la cabane blanche et rouge. Parce que, j’ai peur Édouard, Eddy beau, peurrrrrrr comme un animal traqué. OuaH ! Ça pue les promesses à l’envers. Ça sent le lourd et pénible effort. Le contre-dit, l’outre - passé. Le passant mort. Ça pue les stops aux arêtes dans la gorge. Un relent brut pire que trois moufettes réunies.

 

Et puis ça : les « pourquois » « pars pas » « je crève » !

 

Je ne peux pas t’aimer Sÿrenn

 

Épuisant !!!! Je voulais l’intègre sous mes pas, pas la vérité obliquée par l’adroite réplique.

 

Je ne peux pas t’aimer Sÿrenn, je bois.

 

Pathos arithmétique. GrRrr ! Tu as soif (!?) je n’ai plus faim.

J’ai mal au cœur.

 

Je vais nager que j’me suis dit, dans mon silence préféré. Moi, - je t’aime - espèce de guitariste à la menthe, de sculpteur de labyrinthe en bois d’sapin. Ce Je t’aime Profites-en Édouard, bon Joseph, car c’est pendant que tu dors bin dur,  que je le dis. Ta p’tite Sÿrenn de joie, est joie, et, coquine sans malice elle cache les mots les plus doux dans sa fête.

 

Na ! Vlan. Je te plais et tu m’appelles. Je venais.

 

C’était bon comme les algues et les débris d’orage qu’on faisait brûler sur la grève, bon comme tes mains vivantes sur ta guitare, comme mes chants d’Église sans fausse note dans ma cachette, bon comme nos couchers, ivres d’audace sous le soleil. Là ne suffisait-il pas ?

 

Kchuuuuuchsss ! Kchuuuuuchsss ! L’océan qui tempête ne me mate pas, il m’attire, comme une promesse d’éternels plaisirs. Si je pouvais respirer dans l’eau… tu n’oserais pas venir me chercher j’espère… !?

 

Je t’en veux. Rien qu’un peu. Pas beaucoup. Juste assez. J’aurais pu RESTER. T’épauler et t’insuffler ma force de vivre. Toute la sagesse te hantait déjà ? Un brin de faix un brin de faux ! Gaspésien de longs bonheurs ! Je ne savais pas, (pardon), qu’une seule phrase peut pousser à la Fin de la Faim…

 

 

 

 

V

 

Avertissement : on tombe dans l’joual icitte

 

 

 

     Tu t’amènes belle bête. J’ai la tête dans les vagues, je me mouille jusqu’à la moelle. J’ai pas vingt ans encore la première fois que tu m’surprends dans ma cachette. Terrée là, confortable entre deux rocs deux beaux caps bien aiguisés, sculptés par le temps. Par tous les autres siècles et les restes d’ouragans. Je suis muette mais pas sourde et… toi t’arrives. Toi toé twa, comme on voudra, TOI : Joseph-Édouard Cap-aux-Os man ! Celui avec qui le village au grand complet aime rire jusqu’à la crampe, aime chanter du soir jusqu’au matin. Ou du matin jusqu’aux matins.

 

Il est beau ton monde Édouard, Joseph. Ta Gaspésie bleue grise et orange me plaît tellement que j’y r’viens tout l’temps.

Pis, quand j’la quitte, c’est en rêvant d’y revenir enfin encore, en comptant les saisons qui me séparent de ses montagnes et de sa mer si frette.

 

T’arrives toi ! Juillet, lendemain de tempête. Y’a des algues brunes et des poissons morts les yeux ouverts partout sur le sable. Y’a des troncs d’arbres venus du ciel. De la glaise quand je creuse au fond. J’ai les mains grises alors, je me baigne, nue.

 

C’est meilleur nue. C'est bon ce frette et ces coups durs sur mes hanches. J’suis libre et seule et je chante enfin sans micro. Pas de pub, pas de gérant. Pas d’affiches, pas de promo. GrrrRRR ! Yé ! La pâ !!!  La sainte criss tof  de paix. Je hurle presque. Big Deal l’nouveau  disque est parti aux radios. Vieille chipie qui s’fout de la caisse des cennes noéres  je le renie déjà. Mou, pas assez de guit’z ni de bases à mon goût. J’voulais du vrai, pas d’la cacanne en boîte. Pas d’budget pour le rêve. J’ai donc fuis sul pouce avec pas d’fric pis un sac à dos. Vache, j’ai tourné l’dos aux questions idiottes des FM commerciales. La production va finir par me poursuivre, mais pas ici ni maintenant.

 

Pâ ! Saint-Toc de méchante bonne paix. OuFfF ! Une clarinette, du papier au cas où… Moi, J'M'en Fous ! Suis loin. Tellement bien tellement chuis loin de la vile ville.

 

Édouard…Qu’est-ce qui te prends ? Tu vois pas que je m’amuse toute seule. Que j’ai bezoin d’personne moi. Bref tu le sens, Beau Bonhomme de Brume… Tu me veux. Tu t’amènes sur mon morceau de plage.

 

Y’a des choses qui se disent sans parler : Je n’suis pas vierge, milles fois non ! Je suis rêche, sauvage, musique de Foi et charnelle petite bête. Mon corps tatoué t’a pas fait peur, hein !? Toutes ces guerres de territoire sur ma cuisse et mes épaules, toutes ces couleurs, balafres d’adolescente signées sur peau tendre, souvenirs… Taches. Encre indélébile. Signature de la  terrée des ruelles du centre-ville, ça, là, ces monstres figures punks ! Toi curieux poète sculpteur, tu les as mangé. Tu m’as burinée avec ta langue. Là… Dans ta cabane et sous les arbres de Forillon t’as enlevé les squats et les ruelles  de ma bouche avec ta bonne brave bave.

 

 

 

 

VI

 

Bel Oiseau Aigle

 

 

 

     Les yeux étranges, fouillant ma piste, mon territoire secret, plus étrangement assoiffé qu’avant de s’endormir, il voulait parler. Brave Joseph-Édouard… Bel être humain. Toute la sagesse du monde t’irritait déjà ? Je ne savais pas qu’une seule phrase peut pousser à ÇA : le péril volontaire.

 

L’être humain est plein de replis, de vraies cachettes, de lapsus crasses z’é attrapes… De coquilles en concubinage… Le langage n’est pas la chose la plus habillée. Nue, la parole tire sur l’insoutenable lourdeur parfois.

 

Alors, tu as fouillé Joseph. Je n’étais plus en mer ni affalée les quatre pattes en l’air sur le sable. Ta p’tite Sÿrenn de joie, à toi, était à l’Auberge en train de bouffer de la viande de bœuf et des patates. Y’avait du monde à messe comme on dit ! Des slaves, des africains, des filles d’Irlande et, un japonais sans caméra. Y’avait du monde de Québec city pis de Manicouagan aussi. On jasait. Moi aussi. Ils voulaient savoir si j’avais fait ceci et cela. Combien je valais quoi. GRrrR ! Ma bouille est sur la Une depuis une semaine.

Pis après !? Vous souhaitez que je déguerpisse à la rubrique des sports d’hiver ? J’avais horreur des questions, comme maintenant. J’aime la vie. C’est tout ce qui compte. Taisez vos curieuses petites bêtes de cirque qui, assoiffées de notoriété, cherchent à aller vanter qu’ils m’ont causé. La pâ s’ti. Des autographes, il y en a à vendre sur Broadway !!!!   Moi, j’fais pas la file pour l’insipide parade. Des sourires qui dansent en ligne, j’en fais pâ. La Gaspésie n’est-elle pas suffisamment loin !? Va t’y falloir que j’aille crasher l’bout du monde, squatter une montagne d’Europe ou bin un désert du Moyen-Orient, bon sang ?!

 

Toi, tu arrives, tout plein de suaves sourires vers mia moi. J’te le dis. Je ne parles pas mais je te le dis tout ce cela. MMM. Humm. Brave beauté mâle, mon ventre s’affole à toute les fois que je te regarde. Mmm. Je. Mmm. Toi. On se regarde. Je quitte la tablée, j’dis au revoir dans toutes leurs langues et nous sortons, ensemble. Pas par habitude. Parce que c’est tout spontané, irrésistible. On marche jusqu’à ta cabane blanche et rouge. C’est loin. La route est longue. Le village est petit mais le chemin est long.

 

Comme la vie. Longue, impermanente, elle file, elle nous pousse.

 

Je te propose un beau trip de guitz six cordes sur la playa. Ouais tu dis plein sourire. Ouais ! J’t’attends entre les deux caps Baby Buzz, ké ? J’te r’joins ma p’tite Sÿrenn. J’men viens. Faut j’aille au dépanneur m’chercher une douze à boire avant. Ciao.

J’prépare le coin Joz. On va s’chanter la toune du grand Maurice Joncas, tu veux ? Ouais, cool.  T’as-tu finis par l’apprendre par cœur ?

Bof, tu feras le souffleur…

 

 

 

 

 

VII

 

 Facke cé ça.

Moi j’viens, toi, tu débites mon maintenant à tout j’aimais.

 

 

 

Bon. Okay. K.O.  Mon ventre à hiers, puisqu’il le faut. 

L’autre souvenir.  Celui qui dit CIAO ma p’tite Sÿrenn.

Allez, t’é capable.

Ça ne fera pas mal.

On s’en sortira.

 

Ok. Find fine find fine !

 

Ouais… La toune du grand Maurice Joncas. C’est là qu’on était rendus hein ?! Nous l’avons donc chantée. Lui, Joseph, Édouard, avec ses mains sa voix sa gorge, son rire,  sa barbe parfaite pas faite, ses non dires,  sa chevelure… fournie de nous, pleine de nos z’odeurs pas délavées et… puis moi, sa p’tite Sÿrenn de joie, sola furia, méli-alto, avec mes doutes et ma mini foi. Clenches ta clarinette que j’ai pensé, hurle comme ça, en regardant l’amour se terrer centre amer.

 

On grignotait les tempos miette par miette. Malgré l’épée d’DAmoclès que, tous deux, l’on savait au dessus de nos êtres.

Le poignard du terriblement inutile rationnel ! Terre à chair, j’ai laissé là  ma peau sur la grève. Il aura plu milles fois après, que rien ne s’est dézavivé.

 

Ça n’arrive pas tous les jours c’t’affaire d’AAAAAAmmmour.

 

Kchuuuuuchsss ! Kchuuuuuchsss ! L’océan qui tempête ne me mate pas, il m’attire, comme une promesse d’éternels plaisirs. Si je pouvais respirer dans l’eau… tu n’oserais pas venir me chercher j’espère...

 

Bin cé ça. L’Amoclès métal fer, il est entré au fond de nos restes à venir et s’est enffffffffffoncé jusque dans la glotte !!! Bordel. Repassez-moi les journalistes, j’men vas leur conter c’que c’est l’néant APRÈS la vie. Vite.  Micros Radios, ça urge. Qu’après je me taise encore moi l’intime secrète. Prenez les tounes, faites-les jouer, moi là, je fouttt mon camps à Valenciennes. L’europe… Okay. On m’a dit que c’était bon la bouffe làbas.

 

Après la toune de Joncas, c’était la fin, FIN des jouïrs à n’en plus finir. Ouais. Fake cé ça. Moche. Poche. Croche. Notes mortes. GRRrRrr.

 

Sacré mâle. T’étais pas là pour rien sur mon ch’min. Héééé Boy ! Baby luck. T’as voulu faire le voyeuriste, me piquer ma sola solitude, standing d’boutte en cachette. Tu r’rgardais quoi au fait ? Les hanches ou la clarinette ? Quand j’la mouillait, tu me disais : On dirait que c’est à moi que tu fait ÇA. Oui je murmurais dans ma tête. Je me taisais tout l’temps pour les aveux cochons.

 

J’ai tordu le tort ? J’ai failli ? J’ai crashé dans le fossé à cause de ça ?

Ce silence, mon crrr de si lent silence d’urbaine fatiguée t’auras fait peur Joseph, Édouard ?

 

Man……… Je ne sais pas compter les rimes des sourdines.

M’en voudrais-tu encore ?

 

T’as sculpté brave bête. Tu auras buriné tes lettres sur mon cœur frette. T’auras mis presque vingt ans avant que j’arrive dans ta face brune brume. J’étais là. Toute. Toute là, pour une fois. Une FOI. Brave sculpteur de mirages… Je t’ai laissé ma sueur et mon front.

 

Toi pis moi. Toi Joseph l’Édouard tout nu tout cru, avec ta voix mouillée… et moi petite bête de roc cachée qui me défendais comme j’le pouvais… En te baisant.  En te bouffant ton bad trip.

 

 

 


Pour un siècle et les restes


 

Pour un siècle et les restes

 

 

I

 

Cachette, grotte secrète

 

 

 

     Bon. J’vais t’raconter une histoire. Pis… j’vais commencer par : Le Reste. La Fin. Mais avant, j’vais quand même te dire un p’tit bout du début. Mais je t’avertis, si t’aimes les histoires qui finissent avec des beaux grands smiles, bin… Mets du sparadrap sur le micro, puis change de track ! Alors j’commence…

 

 

     Les yeux aussi noirs que ses pupilles, plus étrangement assoiffé que le jour d’avant, il allait parler. Brave Joseph-Édouard… Toute la sagesse l’habitait déjà ? Je ne savais pas qu’une seule phrase peut pousser à des exils.

 

À Cap-aux-Os un matin avant le soleil sur la grève, c’est lui qui m’avait donné ce drôle de surnom. Sÿrenn. Ma petite Sÿrenn de joie qu’il disait. C’tait à peine l’aurore, je ne croyais pas rencontrer quelqu’un. Vivement nue. Marinant dans le sel et l’eau de la mer. Marée ascendante. Celles qui s’en vont, celles que j’aime. Premier juillet. Sola. Ouais ! Pas une seule parole à prononcer, silence dedans dehors. Contente. Privée de soucis. Et le v’la qui avance et s’en vient de son long bout de plage. Moi qui fige, l’eau est frette, l’eau me fouette. Le v’la qui arrive, se plante devant et, attend.

Prise là ! Prisonnière de ma  pudeur, et prise de son regard aussi. Bon. Pas l’choix. C’n’est pas tout à fait les Caraïbes ici. Je sors donc aussi nue qu’on peut se sentir devant un étranger. Même le plus beau des étrangers impressionne. Il faut l’affronter ce regard, jusqu’au bout de ses pieds, parce que Monsieur (!) se tient debout et fier, planté solide sur ma grande jupe. C’est drôle que je n’étais pas fâchée.

 

J’aurais pu le maudire ou bien grogner.

L’envoyer au sable d’un KATA sec.

Je savais comment. Les judos obligés de l’enfance. KATA, Katas secs !!

 

Ouais… J’aurais pu… Lui faire bouffer quelques vieux restes de maquereaux restés sur la grève ! Ou pire, l’attacher serré entre les deux caps pour me venger. L’obliger à remplir mon silence  et me raconter des histoires jusqu’à la nuit.

 

Ou… Lui… mordre l’échine… (Oui. Bon. Ça, je l’ai fait moult et moult.)

 

J’aurais pu ! Personne ne l’aurait trouvé là. Après toutes ces semaines, on ne m’y avait jamais vue. Ma belle cachette ! Ma grotte ouverte. Mon ciel offert entre deux les falaises, des falaises entre des rocs d’ambre et d’agates fossilées.

La paix. La vraie.

 

Eh non ! Parce que pas fâchée la petite demoiselle. Amusée. Charmée par cette arrivée impromptue cassant ma longue plénitude. Et puis à cet âge-là, la beauté semble moins dangereuse. Elle nous attise.

 

Eh bin !  Comme cachette, j’aurais pu faire mieux. Une forêt par exemple. Il y en avait une terriblement grande à 29 minutes de marche rapide. Peuplée de coyotes, d’ours bruns… Euh… Bon. Ok. Je préférais la chambre avec vue sur mer.

 

Lui, il m’avait « spottée » comme il disait, depuis le premier soir à l’Auberge. Et… sur ma falaise, il m’avait regardée tout mai, tout juin. Il savait que je vendais mon temps à la plonge pour les repas et le gîte et, que gîte, je ne prenais pas souvent. Il aurait fallu qu’il pleuve bien fort et longtemps pour que je me joigne aux voyageurs la nuit.

 

J’voulais être seule. Moi, je voulais me taire, écrire et composer avec un tamtam dans ma tête et pleurer, si je le voulais. Pour me laver les yeux. Il m’avait entendu chanter aux petits matins. Des chants d’Église qu’il me disait. Ouais ! Ça se chante mieux que du Led Zep toute seule que j’répondais en riant.

 

Il me voyait plonger nager sourire et rester la tête sous l’eau le plus longtemps possible. L’espionnée ne savait pas.

 

Vous savez…Il n’y a pas deux complicités pareilles. Même si l’on cherchait partout dans le monde ! C’est UNE fois. Pas cent fois ni deux ni milles. C’est une foi. C’est comme ça. Copier coller ça n’existe pas pour l’amitié. Encore moins pour l’autre affaire… le grand A de qui… on ne finit plus de parler partout.

 

Nous on jouait entre sauvages plaisirs et libre libre pour la septième saison. Pas de pourquoi, pas de parce que. C’était parfait.

 

Et lui, encore mouillé de nos sueurs, encore lové entre mes deux petits soleils, la tête penchée vers le haut à me regarder me lécher les babines, il m’avait dit : Je ne peux pas t’aimer. J’ai ris. Comme s’il s’agissait de la plus douce plaisanterie.  J’ai pris sa chevelure et m’en suis caressé les doigts. Nous avons recommencé encore encore nos allers retours. Deux humains forts et beaux les mains en prise sur le mur de sa petite cabane.

 

 

 

 

II

 

Cap-aux-Os

 

 

 

     Deux belles bêtes humaines qui ne comptent pas les leurres et les mystères.

 

     Il crie le vent du large, il vient jusqu’à nos fesses. La porte est ouverte, la voisine la plus près c’est la mort. Si on tombe on n’est pas cuit, non.

On est crus sans mensonge, viande molle, tombée de la falaise comme d’un rêve… où on se casse la tête jusqu’à la Chine porcelaine.

 

Il montait l’océan froid. Giclait sur les rocs et ça me faisait trembler d’entendre toute sa force.

 

J’aime le mâle ! J’aime qu’il soit fort et qu’il insiste et qu’il s’en aille. Comme ça ! Comme chaque silence d’une vague s’en allant chercher l’autre. Comme chaque silence d’une vague s’en allant chercher l’autre… ça me donne l’élan et je grogne en moi-même tout ce plaisir. 

Kchuuuuuchsss ! Kchuuuuuchsss ! Mer de tempête, t’es la plus vraie, la moins banale. Je t’offrirais TOUT mon temps si je n’aimais pas tellement vivre les jambes en l’air, la tête curieuse, la langue qui fouille cultures et pays. Je te la donnerais, à toi marée, bella marea, bahr, mer océan Atlantique ou Pacifique. Mer marées montées. Mais je reste ! C’est décidé mains tenantes.

 

Après le rut, comme toujours je voulais manger. Faim. Rien. Que des caplans séchés et des têtes de morues à bouillir dans la cabane de Joseph-Édouard. J’irais ailleurs. Le menu ne suffisait pas à l’appétit de mes grands vingt ans. Joseph-Édouard ailleurs que dans ma tête insistait. M’a retenue en tirant mes petits sous-vêtements ridicules que je tentais d’enfiler le long de mes jambes. Grrr. J’ai faim !! Ceux qui connaissent la p’tite demoiselle savent qu’alors : il faut partir manger. Vite. Y’a un trou qui hurle, parole d’estomac, et un ventre qui ne patiente pas.

 

Je ne peux pas t’aimer Sÿrenn.

 

On dirait que je ne trouvais plus ça drôle, cette fois.

Ce grand sculpteur prenait tout à coup un regard si sérieux.

 

C’est pas grave que j’ai dit, on fera semblant.

Comme maintenant août, comme depuis les autres mai.

Où ou mais.

Non. Écoutes. Pars pas. Pars pas Sÿrenn. Reste nue, sauvage. Reste là. Couchée. Couche-toi ! O.K. O.K. ! à tout.

 

Nous n’avons pas mangé de viande ni de riz. Et, j’ai oublié l’appétit qui me tenaillait les tripes. Sauf oui… quelques poignées de bleuets cueillis près du cap à Gerry Perry au matin. On en avait la langue mauve.

 

Il commençait à se sentir nerveux, comme si l’automne et sa grosse lune rouge nous séparerait à tout  jamais.

 

Crains pas Édouard, je reviendrai Joseph. Comme depuis trois ans, trois étés.

 

 

 

 

III

 

 FAIM

 

 

 

     Tu sais belle bête, t’es v’nu crever mon silence. Avec tes pieds qui ne partaient pas de mon bout de sol rêche ! Avec tes Fa et tes rais en contre-jour. Avec ce sable qu’on a avalé à deux.

 

Je mangerais des roches à en crever pour te rêver, encore plus fort ! Cristiofv !!!

 

J’pleurais mes restants de mutisme sur ton grand dos, quand tu me baisais bien. Tu sais (souriresss) ça me fait toujours encore des larmes ce grand départ du jouir, ces chairs homme-canon.

 

Comment on peut dire son prénom quand ça fait depuis l’enfance qu’ils tremblent dans la gorge les mots ? C’est toi, qui LE disais. Ma p’tite Sÿrenn de joie, à moi.  Pourquoi ?! Parce que j’avais les cheveux plus longs que tes bras ou bin… parce que… seule et silence, nue et vivante une fille dans l’eau ça fait ce nom-là ? On aurait dit que j’étais la plus possible, la plus instinct, quand tu parlais de moi aux touristes.

 

J’étais rien qu’un p’tit silence capable de chanter sans fausser sa foi… C’tait moins d’effort, que de répondre à leurs sempiternelle question : « QU’esss tu fâ dans’ vie ? » Crisstiovf ! Demande-moi si j’aime les ordures ?!! Hein ! Si marcher manger bouger est un plaisir. Si le vert me tombe sur les nerfs ?!! Dégage que j’répondais sans même bouger les lèvres. Grrrr ! que je grognais déjà.

 

La question fric me pue au nez. Vlan.

 

A Cappella ! J’étais rien qu’un p’tit silence confortable capable de faire craquer les paupières des spectateurs sur la plage ou à l’hôtel ou à l’auberge. Chanter et te prendre et m’exiler jusqu’à ce que mon ventre m’oblige à lui donner la pâtée. La face coupable, la langue qui cherche le feu. Avec le corps du haut et le corps du bas, ma noire clarinette te voulait serpent roi ! On s’est mangés de faix en paix Joseph, bel Édouard. Tu as investi avec tes doigts fouilleurs mes musiques sacrées solas. Ouais…… !!!

 

Tu sais, j’aurai pu choisir moi-même. Ouais. Moi-même rage douce. Moi-même les autres couplets. Toutes les partitions sont restées secrètes. C’est ça l’plus beau ! Comme des poèmes qui n’iront pas dans des livres de papier. Nous. Nous. Épousés sur la grève. La mort comme un désir, la vie pour nous distraire.

 

Je t’en veux. Pas beaucoup. Juste maintenant. Je répète j’aurais pu CHOISIR si je possédais et la volonté et la force de t’épauler et t’insuffler ma rage de vivre. Toute la sagesse l’habitait déjà ? Lâche !

Fauve de l’Est. Gaspésien de bonheur ! Je ne savais pas qu’une seule phrase peut pousser à EXIL.