louVainlaneuVe

JOURNAL D'ÉMOIS

mercredi 10 février 2021

Et des enfins À Cap-aux-Os

photo Nina louVe

Foufounes Électriques

Show François-Alfred Mignaut

Ballerine muse Danielle Hubbard


Oh 
Eaux 

Marées 

Ô Secours 

Mes pieds sont oubliés 
Et mon sourire Absent 

Ô 
oh 
au Recours 
Minute morte 

Reins rien 
Riens 

Didascalie Pour toi Sophie vie 
Aparté Pour toi Hervé Aïeul 

Pogne la route 132 
Fais-nous des amours 
Dans la rivière verte

samedi 6 février 2021

Née francophile


 photo Nina louVe, Montréal 2020

Suis née francophile,

Pondue dans un nid de neige,

Sous le vent, en pleine tempête

Dans notre Bleu Pays

Avant même que l’on m’enseigne l’alphabet.

 

Enfant, le joual ? Carrément interdit.

De toutes parts, elles et ils

M’enseignaient la langue française

Avec grande rigueur.

Africations, mauvaises liaisons

Faux accords et Couacs

On savait très bien me les reprocher...

Aoutch !

 

Ma feue mère ne supportait aucune faille.

Même qu’il m’était formellement - interdit-

de jouer avec Nathalie la sympathique et joviale voisine

de la rue Rockland

parce qu’elle disait ‘’icitte’’ ‘’litt’’ ‘’toé’’ pis ‘’moé’’.

./././././././Rock……land././././././

Comme si Outremont

N’avait pas le droit d'accueillir la joie d'une enfant

Aux accents de mélasse, de famine et d'usines.


Quelle tristesse ma cabane de riche

Bourrée bourgeoise la madré mama mia,

Tours et détours dans le petit milieu d'artistes

un brin trop snobs ensemblés

Ces féministes et activistes

Les elles pucelles

et les ils bien bandés

Pour la cause de la prose.

 

Oh ! un grand foin dans le nez

...mia moi enfant au piano blanc...

je rêvais de leur mettre dans les narines.

 

Quelle réserve doucement, aurai tissé

contre cette autorité exagérée

rigide et vile par ces actions incessantes.

Sur mon visage... une ribambelle de giroflées

un jardin de ces fleurs aux cinq pétards sur mes joues.

 

Puis, vinrent les bonnes sœurs

Au pensionnat oui, s’y sont mises aussi.

Contre les magnifiques couleurs des sacres

Niet Nina ! Tous tes Mea Culpa

Ne te suffiront pas.

Niet Nina ! Tous tes Mea Culpa

Ne te suffiront pas.

 

Absolument pas possible de les souffler

ces sons beaux rêches et rauques,

pas même les mains sur mes cuisses,

sola mia, ravie, sous les draps dans le dortoir

les pupilles fixées sur mon doux émerveillement.

././././ À l’autre siècle ././././

Elles en soutanes grises, le jour le soir

Faisaient d'inutiles tours de garde.

 

Dogme inefficace

Car nunca domptable, mâtable,

Ni gourouïsable, la fillette d'espoir.

Liberté de penser, D’ores et déjà intouchable.

 

Alors donc, à force de jouer à mutisme et bouche cousue

Ai appris le Braille, à le lire sur les frissons de ma peau.

Par instinct, il a fallu rester sensible et alerte

aux odeurs et saveurs

les chercher dans l’herbe,

du haut des pins dans lesquels

fillette je grimpais

encore encore plus haut toujours

 

Mettre sous roche les sons de la maison.

Ceux des creux de chaudrons

des disputes, des liaisons impossibles de ces adultes

et me réfugier au bord et au cœur des lèvres de la plage

les pieds et les hanches dans le lac sauvage,

je pêchais, pècherais, pêchais.

 

Fallu voir vite dans la nuit des étoiles.

Dessiner sous mes mains des lettres

sur mon tambour de peau

faire des sons, des soupirs heureux.

Fallu deviner les cachettes possibles,

/.... les dé-trouver ..../

Seule, comme une grande ourse.

 

Allez ! opérer rapido

ici en occident et partout sur la petite planète

déguster la langue et ses accents suaves. Oui.

 

Le temps était complice de mon enfance

Pour construire la belle forteresse de silence.

Dire oui, non nan nenni

parfois... peut-être, s’il le fallait.

Le toucher et l’ouïe s’amusaient

... à devenir si braves, si forts ...

 

Et là est né

ce désir immense et tellement confortable

de m'amuser avec les sons et les langages

qui font du rythme et du sens.

Phonologie.

 

Suis née francophile,

avant même que l’on m’enseigne l’alphabet.

Née dans la neige sous le vent,

en pleine tempête, à l’autre siècle,

dans notre Bleu pays.

Née d'une mère fille fille mère bannie d'avance

Par ces catholiques exploiteurs sans vergogne.

 

Pour la langue

101 fois j’ai remercié ce bill protecteur

le mot Camil rime avec Laurin

Beau comme un pétale venu éclore

Drette au bon moment

quand le souffle allait manquer de temps

et le gaz s'évaporer

 

''Ok shut up- stay cool & still,

Keep quiet you quebekers in October crisis

Prisons and guns comes in your houses.''

 

Maintenow me voilà

Femme embrassée par sage et sauge

Heureuse polyglotte à la joie contagieuse

Exilée des égo-trips de ceuz qui tricotaient la marquise dorée.

 

! Maintenow !

Sage et sauge, sous pseudonyme scellé,

Discrète joueuse non authentifiée.

La langue,

Celle de ta bouche,

Celle de mon ventre,

De ta nuque,

De mes jambes,

Celle de mes dix fois dix doigts + 1

 

La parlerai comme à l'Est

La chanterai avec moult respires.

Avec des musiques du Nord du Sud de l’Ouest

La monterai avec des images et scanderai sa beauté

Que nunca le désir des langages et des sons

Ne me quitte.

 

Et diantre ! St-Toc si c’était le cas un soir...

Devrai retourner au trécarré,

Faire jachère, bis bis. Bises, brises.

Nul lieu, même pas elle _"_ l'inquiétante absence

L’amnésie  de la minute qui vient de mourir

N’ira lasse m'éteindre.

Ne puis accepter oublier tout

tout des syllabes des voyelles

et des consœurs consonnes.

Disfruta idiomas

 

Née Francophile, i’m a green fog

Kiss me maintenow

 


mardi 8 décembre 2020

LA PERLA - Bruja (RGP Live Sessions) et répartie à une poésie



Marie-Françoise,
oh, heureuse que tu aies eu ce mot :-)

Disons-nous tu
pas tues

échangeons si tu le souhaites, 

de voies à voies, vives viVantes voix

avant l'aube 

pour aller défaire l'enfer


le coloc en mode mute

ce regard assassin


cette semence de fiel


l'ai vue de myosis à mydriase
un fou mort debout cognant
un seul instant 

en sa présence sur le trottoir ai vu tout ça 

dans le miroir noir
de ses yeux burinés de colère

trop tard pour aller te soutenir

si j'avais su à l'époque où

toi seule face à 
toute cette indifférence médiatique 

tout ce non-câlin pas normal des petites cliques littéraires

ni poètes
ni écrivains
ni éditeurs d'ici Québec
ne méritez
n'aurez ma plume et ma verve

mousse dans le nombril
ils grattent encore après la mort 

de mister vent

l'Oh que c'était bien écrit.


bin moi, j'ai des principes et des boycotts

quel éditeur
poète
auteurE
est donc venu 
en lieu et date où j'ai témoigné pour toi Marie-Françoise ? 

AUCUN

un grand sourire se dessine ici ce soir lorsque tu me réponds

toi sœur de violence
sœur de viol voiles violences
nan, pas un sourire malin
où un doigt entre comme un hameçon
un sourire, qui me rassure
que mon flair de louVe
que ma réticence à me lier
aux poètes, écrivains et éditeurs
dans ces moult réunions et festivals
était JUSTE ET BON


amènes-en des scalpels

des médisances
de l'hypocrisie hyper-saline-maline
du rentre-dedans par en arrière
de la petite bourgeoise saoulée
au dieu diesel 

au mec qui a fait la Sorbonne

pff ! tchack a bang band bong bang
clash classe de fraîchiers à la tv

votre indifférence offerte à Marie-Françoise Taggart
now no zen and then and maintenow

maintenow que le cruel despote est mort = un gang bang collectif un jaculatoire 

appel à l'aide refusé
une sempiternelle affaire de cash fame vedette
mousse-nombril-ego trip 

encore encore encore depuis Molière

c'est aussi ça l'anarchie
croire, aider, résister, rester après le deuil
panser les plaies de l'épreuve
protéger les chiens
les chats
les rats
les blattes
des humains immondes capables de toute cette violence

toi, 2 heures femme nue, vêtements arrachés
-20 degrés dehors
porte verrouillée

agresseur adulé
son coloc indifférent


la main du fou qu'on aura continué
 de recevoir dans les émissions de tv

à la Une dans les journaux et revues littéraires
et les journalistes qui se taisent, qui se taisent
et même un qui finit par dire (et je cite):
''Cou donc, veux tu qu'on écrive ton histoire dans la chronique des chiens écrasés''

Bang Bang Bang bang

Bandes de dévergondés aux jaquettes de catins catiches
aux jaquettes et en-tête
de petits papiers sans envergure

trop luxueux vos caviars empoisonnés à la merde de satin

Vous me faites pitié.

Tant mieux que nunca jamais

ne vous ai offert -en quémandant- 

comme une affamée de petites gloires provinciales


mini mini mini gloire de rien du tout
depuis les grandes nuits de la poésie magistrales
où tout sentait solidaire et vraiment bon
vous, asteure, en vases clos
fermez vos paupières sur l'essentiel

on dirait que vous avez oublié De La Fontaine qui dénonçait ce que vous êtes
Victor mon beau, Victor Hugo
vous êtes misérables d'avoir laissé Marie-Françoise

panser seule tout ce sang sur sa gueule

toutes ces balafres ce scare-face caché par votre Mafia 

silence
silence
Omerta média
Omerta poètes
Omerta écrivains


O mais ça fait mal tout ça

Mais vous étiez loin,
l'êtes restés à la mort du vent fou
avez préféré
souligner
sur-ligner son talent


plutôt
plutôt qu'enfin
embrasser d'un regard bienveillant
la femme torturée des ans 

par cet écrivain dont je n'écrirai plus jamais le nom 

enfant sale, homme sociopathe devenu et resté

oui, même si les mots bons 

vomir vomir vomir
sa trilogie en V

la permission, d'entrer dans vos salons 

en ai-je eu envie


nan
nunca

vous ensemblés en petites patrie bleue nuit sans drapeau neuf ni pays vrai

refuser de vous taire, préférer ne pas appuyer la douce femme violée des heures
étranglée jusqu'à la presque mort

pas prendre parole
quoi
pour ne pas perdre le prestige de parader saoulés par vos titres, prix de rien du tout ?

bande de bandés mous,
bandits apathiques, vous me faites pitié. immondes.
gros désir de manger votre bœuf
avec un œuf mouillé de cyprine
et une grenouille qui fait la zik

cuits-cuits
,-,-, à la vapeur de mes ardeurs-douceurs-,-,-,

immensément seule
toi

Marie-Françoise

essuyant en clignant les yeux
le sel hurlant-brûlant tombé des yeux feu fier pète

de ce folie-mister irrécupérable

cet orphelin, déjà vil vilain et affreux le répéter
myositis et myocarde
le gars qui a écrit des punaises

est mort dans leurs déjections

il sans Elle
avait peut-être eu, on s'en criss
les boîtes à outils sont disponibles
depuis les années 50
pour faire du Bill ? Bob et sortie la tête de l'auto-guillotine
de la corde, des mains qui étranglent la femme qui se donnait entière mots, corps et flamme-femme

étendre dans l'alinéa
du ''après-midi N'en parle pas''
vous en cHoeur , sans cœur aurez choisi

à quoi
puis-je vous comparer ? ouin, pas facile...
car les animaux ne méritent pas qu'on les associent
à ce zombie-vampire-vamp-victoire-facile-

tape sur 4 doigts, 50 $ d'amende pour brutalité harcèlements constants ensuite, 

toi, en Fuite tout le temps, la douce Marie-Françoise

lui, embryon déjà empoissonné par la seringue chair-mère

dégâts de lait blanc 

du ventre aux seins

lui,  poison du père
de l'amer
et du feint esprit
dans le placentas où il tentait de naître
il manigançait prendre ses poings pour terminer le bonheur de tous sur son chemin.

après la violence qui dura des heures
toi, toi si important dans l'HIstoire, dans l'histoire 

you dear, toute seule

bon sens bon sens bon sens
me suis demandée, ce qui avait été pire que les coups 

answer iz :

l'indifférence tue

quel long calvaire
mais comme t'es belle avoir eu tout ce souffle
pour expier
bâtir une école de langue, apprendre, avoir faim d'apprendre 

toi, la main tendue pour donner alors qu'on t'avait

tout arraché, même les dents-elles 

même la jaquette, 

toutes les jaquettes.

puis
exiler, exhaler expier doucement, vaillamment

si j'avais lu, vu, su
tu aurais, eu les miens 

et milles autres bras 

pour te consoler 

tellement le courage 

ne me manque pas pour t'en donner

p.s premier jet, en direct de maintenow

Nina louVe

ninalouve.com

Téoùtéki • 

LouVain la neuVe


mercredi 2 décembre 2020

Pas dans ma dentelle-poésie dédiée à Marie-Françoise Taggart

photo par Sylvain Gougeon aka l'aRteur
série May-Day-2018

si belle soit ta poésie homme TNT

ne puis subir un cri de plus de ta bouche


ce que ton père t'a fait

est vieux de décennies

quitter le fiel que tu déverse sur celles

qui osent aller t'aimer tel quel...

serait une bonne idée de départ

puis, une bonne thérapie

gestion-colère

avant qu'un drame

plus grand que Mature

ne t'enchaîne, ne t'enlise


nan, t'aimer tel quel

n'est point acceptable


3 prises au bâton

tu me connais...

beaucoup j'aime le base-ball

et Out est parfait

après 3 essais à la batte

des hurlements et coups de poings

sur la table de l'hôte ou la tienne


three strikes and it's over

OUT

my living body


oust oust hourra


L'autre soir après le jam, mon amie Erica me témoignait

son cauchemar vécu, son incroyable calvaire de femme

brisée par la violence physique de son premier chum.

Deux ans de temps la pauvre sous ses coups et cris.


Puis, les jours suivants,

de fils d'actualités

en aiguilles à coudre la catalogne

le film percutant nommé ''Transfert''

vu la nuit dernière


et tantôt, ce témoignage bouleversant

racontant l'extrême brutalité que Mister Vent

aura fait subir à Marie-Françoise

l'indifférence inhumaine de la communauté littéraire,

et des médias de tout acabit.


Ma foi, mon feu

quelles braves femmes nous sommes.

Tenons-nous debout

tissons toutes maintenow

des mots pour Marie-Françoise

un contre-poids à l'indigne indifférence


et, si belle soit la poésie

que l'on voit d'abord en tombant

sous le charme d'un homme TNT

il faut la fuir et savoir chaque fois l'éviter

quand elle frappe à nouveau à notre porte

avec un autre nom et un autre visage.


La colère explosiVe aisée

est un indice précieux

l'impatience extrême aussi

l'irritabilité

les cris nés aux petits riens

le jeu du dernier mot vouloir gagner

à tout prix tout le temps

l'insistance des textos

qui n'en finissent plus d'apparaître

même si on dit : silence j'écris, je dors, je vis

coups de fil incessants

les impudiques suivre partout dans la maison

sont également bons indices

qu'il y a dépendance maladive,

potentielle jalousie ne tarderait à venir

nous séparer-isoler des amiEs,

de la famille, des gangs de chums

nous punir souvent de longs silences

armés de regards assassins.


suis victime solide, ayant échappé

à un épouvantable viol

années 1980...

à la sortie d'un squat où un tatoueur me tatoua

en fugue depuis mes 14 ans.


deux gars de 20 ans

moi 15

camionnette Econoline bleue marine

tôle frette et rouillée en arrière

des bouteilles de grosses bières vidées

gun pour l'un, le conducteur

couteau près des narines et sur la gorge

pour l'autre, le passager

tout à tour des heures durant

s'échangeaient et pénétraient

tous mes orifices


ai gagné car je n'avais pas peur

donc pas de cri ou de regards affolés

qui puissent

stimuler suffisamment leur bibittes à verge

mats mous

vits vils croches et poches

mats puants les tempêtes

et le ventre de d'autres femmes

passées passagères avant moi


ai pu regagner l'avant du véhicule

où confiante j'étais entrée

me disant que des jeunes comme moi

nunca ne pourraient me faire mal,

qu'ils me donneraient un lift

jusqu'au 97 Est rue Laurier

où j'habitais alors avec des amis.


ai profité d'une lumière rouge

pour sortir, les jeans au bas des genoux

ai traversé la rue Sherbrooke que je reconnaissais,

pour entrer dans le taxi que venaient de prendre

3 hommes dans la trentaine


ils ont pris soin de moi

m'ont couvée au chaud dans un lit propre

c'était une chambre toute blanche, je me souviens,

lumineuse, sentant bon et frais.

n'ai jamais revu ces anges samaritains

ni pu les remercier. un avait une voix

qui résonne encore, dont le timbre est folklore

yeux bruns, le visage abîmé par des cicatrices d'acné.


si jamais ils se reconnaissent ici,

il me plairais de les remercier

avec du son dans la voix et un bon thé

merci oui, pour votre bienveillance, votre bonté immense


ce réconfort apporté par des Mâles

tout de suite après l'horreur

aura fait la différence, sur le reste de mon parcours

le sais car n'ai jamais cessé 

d'aimer les hommes, de les chérir tellement.


pendant 1 an et demi,

aurai imaginé, chaque seconde où je ne dormais pas

et dans mes cauchemars aussi,

les pires façons

de me venger

aucune torture n'était censurée

quand... sous mes bottes d'armée

aux caps d'acier

en ai capturé un : le passager.

ce qui s'est passé est surprenant

une phrase est venue m'habiter :

la Vie s'en chargera.


tant de fois ai regretté

de lui avoir laissé la vie sauve

pas pour ma propre vengeance,

mais par peur

pour mes sœurs

mes nièces

mes filles

mes amies

mes petits-enfants

mes arrières arrières petits-enfants

toutes

symboliquement venues

me faire craindre

le pire pour elles.


mercredi 26 août 2020

LE POTLACH

photo Jean-Pierre Bronssard


Le Potlach-Pièce en deux tableaux
Synopsis

Une femme est convoquée à une audition. Il y a dix ans qu’elle n’est pas montée sur scène. Deux hommes qui l’ont connue par le passé l’attendent. Est-ce pour la narguer, s’agit-il d’une véritable audition ? Veulent-ils qu’elle rachète une erreur du passé ? Y aura-t-il véritablement un projet théâtral au bout de cette longue audition ?
Que souhaitent-ils d’elle ?!

Il y aura ambiguïté. Ils la feront marcher. 
Qui gagnera le repos ?

Un fantôme hante l’ancien théâtre. Celui du Sergent détective William BoomBridge qui avait enquêté sur l’accident en 1977. Il est condamné à refaire l’interrogatoire s’il veut ne plus errer. En rétroaction il reposera les mêmes questions à Eva Desjardins. Elle y répondra. Eva est la seule qui perçoit la présence de Boombridge. Eva Desjardins n’a qu’un but en tête, réussir son audition. Elle y croit. Pendant le premier et le deuxième tableau elle se fera interrompre par les deux hommes. Elle finira par ne plus être en mesure de retourner à son texte; alors, dira son propre passé, son histoire à elle, ne ménageant plus d’avouer les détails de l’accident.


(Extrait : Monologue d’Eva Desjardins)

J’ai créé le vent, joué avec.
J’ai couché sur la houle et j’ai inventé un ressac en plein centre des océans.
Le cœur au vent, il n’y avait que l’horizon à regarder.
Durant 1000 jours, peut-être un peu plus,
j’ai quitté la terre ferme, celle où vous m’aviez clouée, parole contre parole, à poinçonner ma carte d’arrivée et de sortie.
Je voulais me taire. Faire du mutisme une arme redoutable. J’avais besoin de sentir qu’elle arriverait ; cette mort capricieuse que chacun craint ! Que tous ignorent, comme si elle n’allait pas venir.
Elle que j’avais honte d’attendre avec joie.
Les sourires et les politesses d’amphithéâtres où vous avez sculpté l’image du bonheur, m’ont fait chercher ailleurs.
Et ailleurs c’était là-bas.

Je suis partie sans donner à quiconque la clé de mon secret. Ni quidam de café, ni connaissance intime n’y était lié. Vous n’aurez pas su... ce que j’aurai tu. Et ! Seule, sans l’expérience de ce destin qui m’appelait, j’ai bravé le manque de borée, de bise, de brise.
J’ai vu ce que c’est que la véritable solitude. Je l’ai gagnée.
Oh ! Que je l’ai appréciée ! 
On avait tant pris de mes mots, de ma tendre innocence, de ces paroles, de ces gestes.
J’étais près des cendres quand vous m’avez fait monter comme une étoile.

Attendre, telle une poupée chiffon, incapable de se tenir fière et droite ! Je ne pouvais pas. 
Une marionnette sans petits fils...ça ne bouge pas sans éclairage ni trucage.

Là-bas, j’ai créé le vent, joué avec les voiles.
J’ai dormi sur la houle des semblants de tempêtes
et j’ai inventé un retour de vagues
en plein cœur
de la mer !
Les lèvres au vent,
il n’y avait que l’horizon à observer.

Je suis partie, cherchant l’Afrique. Mais l’Amérique n’avait plus de fin.
Quand j’ai pu gagner l’Europe, j’avais des ailes de fer sur le dos.
Mon bagage avait un poids.

Alors, j’ai affronté très tard la nuit, le foehn des helvètes.
Puis, plus tard, le schnouck d’un plat Canada qui se trahi et se déchire.
C’était trop tard pour les ouragans.
Mais pourtant, durant 1000 jours, peut-être un peu moins, j’ai navigué sur un monde marin qui m’avait tant fasciné, si longtemps.

Mon départ annoncé sans grande pompe, je partais.
C’était juillet, trois ans déjà.
Je quittais avec la ferme volonté de refermer sur moi un nouvel hymen.

Souvent, je dormais sur le ponton, bravant le danger !
J’aimais craindre de trébucher sans avoir PEUR de tomber.
Et c’est là que je titillais les limbes.
1000 jours j’ai gardé la barre à la main.
Mon voilier nommé Potlach avait fière allure.
Comme celle d’un enfant destiné à devenir Chaman.
Neuf, sans expérience mais fort et volontaire.

J’attendais, mon visage fixant les quatre vents.
J’attendais Neptune qui annoncerait la tempête finale.
Mais ni le cri des sirènes ni le glas archaïque ne sont venus.
J’ai senti l’Amérique suinter ses odeurs de petites guéguerres jusque dans ma coque; 
pendant que le Soleil faisait son matador inébranlable,
du matin jusqu'au soir, tout le long de mon voyage.

Il n’a pas plu ! Pas du tout ! Il n’a qu’un peu venté.

J’aurais voulu qu’un torrent sorte du ciel ! Bon sang !
Qu’il pleuve à faire fondre, à faire fendre le bois de mon Potlach.
J’aurais voulu que mon bateau s’agite jusqu’à ne pas laisser d’indices.
Son nom le prédestinait au naufrage ! Mais non...
Dieu qu’il a fait beau temps tout le temps.
Tant, qu’un désir est venu doucement m’habiter.
Le Désir.

En plongeant voir l’océan, aurais-je trouvé le silence que je cherchais ?
... Dans le fond...

Dans le fond de la mer, il n’existe pas le mot pour dire ce que je souhaitais gagner derrière mes voiles. Dans le fond du pair non plus. Ce n’est pas le silence, ce n’est pas ce que l’on nomme la paix du dedans... C’est plus ! Et puis... le silence existe-t-il ? Vraiment ? Quand j’y songe, lorsque l’on pense, on est loin de ne pas chercher. 

Regarder dans sa tête, n’est-ce pas parler à ses souvenirs ?
Une terre au fond de l’âme, voilà ce que je sentais m’habiter !

1000 jours, j’ai créé le vent, joué avec le sel.
J’ai reposé sur la couchette houleuse et j’ai voulu croire
qu’un ressac viendrait me chercher en pleine mer.

Après vingt ans de hargne contre le destin, les yeux sans larmes, mes cils battant au vent, 
maintenant, aujourd’hui, 
il n’y a que l’horizon à supporter. 

Je sors du bagne, les prisons sentent la peur et la sueur. 1000 jours, 
ancrée sur mon solide Potlach; sans compter les minutes, 
sans engager de conversations audibles, 
j’ai jeté aux monstres marins les biens et les maux du passé.

Durant les jours, pendant les nuits, je naviguais loin des insulaires.
Tel un calvaire sans douleur possible, sans montagne atteignable.
L’appétit m’est resté dans le ventre! Comme pour me nourrir d’un voyage.
J’avais quitté la terra nullius, 
celle où vous m’aviez clouée, parole contre parole, à poinçonner ma carte d’entrée et de sortie.
Côté cours, côté jardin...
J’étais plantée au centre sans réplique.
Quel rôle !

Je voulais le mutisme. C’était un rêve d’aigle endeuillé.
Je n’étais pas l’aigle, mais une proie de mes exils !

Le souffle trop court pour un blasphème vous m’avez regardé prendre des valises trop petites pour ce périple.

La mort de Major ne peut pas se défaire. J’ai passé vingt ans à racheter sa vie. 
Voulez-vous la mienne ?

Me voilà de retour. Le Potlach n’a pas été submergé.
Personne ne s’est noyé cette fois-ci.
Ni les choix, ni les âmes.
Je suis l’égale des vieux sages.
Je n’ai pas lâché l’hameçon sur mon cœur.
Je sais ce que j’ai vu à l’horizon, même si un exil peut se faire à la maison.

Sabots d'heures



Photo par Nina louVe, 2019 

Sabots d'heures
Dédié sororalement à Lubna 

Fallait juste laver les yeux. Il fallait juste un orage. Une grosse pluie et du tonnerre. 
Des éclairs, un déluge pour se rincer de ce désir. 
Laisse-moi juste terminer cette censure, à laquelle je m'échine avait dit Sara à son chien, qui ne cessait de vouloir jouer. 

Les monstres saboteurs sont les pires ennemis des muses, mais ils sont vrais. Ils arrivent par centaines faire des trous de mémoire et du charabia de temps en temps, et souvent placides et dangereux ils dorment sous les lits des adultes mal assoupis. Ce sont des montres qui viennent sacrer et maudire. Diantre! que je les connais. Je pourrais épeler le prénom de chacun avec une calligraphie de taverne écrire un à un leur NON ... noms burinés sur un mur mûrs pour un graff.  

Ces heurts sabots d'heures viennent jouer dans les culottes y retirer tout désir plausible. Peler leurs nombre Épeler leurs prénoms ancre rouille encre noire des desseins de runes de cavernes 
ON SAIT TOUS reconnaître les effluves de leur maudite haleine,  à 2 mètres comme à dix. 

Ils étaient mille à mes dix ans, 
cent à mes vingt ans, 
trente trois quatre cent fendus en quatre à mes trente ans. 
 Là ? Il n'en reste que dix ou douze. 

Mais ils sont dangereux. Très ! Les plus gentils auront péri au combat de la louVe. Ceux qui restent sont les tyrans impitoyables Et même si on s'en méfient, ils entrent dans tous les pores de notre peau, dévisagent sans vergogne notre âme. Ils sont forts ! Ils attrapent les luettes et les triturent en tonitruant un vacarme de silence, mettent à quia une - p a r - une les poésies et les musiques. 

Comprendre qu'ils sont encore plus terribles que les petites peurs de l'enfant qui craint l'obscurité. ils sont plus noirs qu'Orphée qui se retourne pour regarder sa douce et qui en meurt. 


Phonologie et Proxémie

Phonologie et Proxémie, ces deux mots appris tout récemment, pendant que je cherchais paniquée comment s'écrivait orthographe; il y avait des trous dans ma mémoire, probablement parce que j'ai tant veillé pendant la période des perséides, au final Robin et moi n'avons vu en 4 nuits qu'une grosse étoile filante absolument magnifique mais oh là là, tant apprécié le ciel étoilé dans le jardin ici. 

Oui, donc, phonologie, me suis rendue compte que c'est exactement ce que je fais depuis toute petite, jouer avec les sons (au départ avec des instruments de musique, des galets qu'on frappe sur un roc, avec l'eau de moi nageuse, qui joue avec le ventre et les pieds à faire des vagues. Puis, plus tard avec les mots. Il fallait que ces sons qui résonnaient en moi soient surréalistes, qu'ils fassent du son et du sens (c'est Boris Vian qui m'a invitée à écrire, après la lecture de l'Écume des Jours). Aussi, j'ai trippé sur la psychanalyse de la littérature. Pascale Hassoun, une psychanalyste belle, brillante et fascinante était venue à l'UQAM donner une conférence. C'est moi qui l'avais ensuite reconduite à l'aéroport, instants sacrés : là se dessinait la naissance d'une belle amitié qui aura menée à une très longue correspondance. À l'époque, le cabinet de Pascale était au 9 Passage d'Enfer à Paris, elle m'envoyait toujours ses mots dans de jolies cartes, toutes conservées. 

Quant à proxémie, c’est en écoutant la balado de Sophie Cadieux qui invitait ce jour –là Katia Rock que j’ai cherché ce mot et oh ! Trouvé écho ici. En fait c’est venu révéler que j’ai cette curiosité et cet appétit d’apprendre et que tant mieux si la toile permet ces recherches aisément, sans quitter le jardin ou la maison, sans chercher un diplôme l’ajout d’un crédit à un baccalauréat. Bon, il est né chez toi ce texte missdame, toi dont l’intelligence me stimule, dont l’humour me fait du bien; le publierai ensuite chez moi, sur une de mes pages. 


                 Par Nina louVe pour Anne Archet
Crédit photo Sylvain Gougeon l'aRteur série duo Thuy & Nina

vendredi 13 octobre 2017

Tu as oublié la mer ?

Nina louVe-Pabos Mill-2014



Tu as oublié la mer ? Oh... non. Regarde, elle est bleue, grise, blanche sur les pieds.

Froide à Gaspé, douce à  Cozumel.

Elle fait des sons de chuchotements ou... de tonnerre sous grands vents.

Elle attrape des goélands par le bec. Mouille la plage par grandes léchées.

C'est le ventre des marées. Se transforme en silence moirée à l'aurore.

Encore plus belle entre chien et loup, juste avant la fin du jour.

Elle sent bon, hypnotise, séduit les jeunes romantiques.

Elle s'étire sur des kilomètres et fabrique l'horizon près du ciel.

Et les vieux, la regarde encore avant de partir.

Tu la vois maintenant?